Test positif chez des personnes à antécédents de COVID-19 : quelle conduite tenir ?


  • Caroline Guignot
  • Actualités Médicales
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Fin juillet, le Haut conseil de la santé publique a rendu publique son avis du 10 juin (sic) pour décrire la conduite à tenir face à un résultat de RT-PCR positif chez une personne ayant des antécédents d’infection par le SARS-CoV-2.

Que sait-on des seconds tests virologiques positifs ?

Le HCSP rappelle qu’il faut distinguer la durée d’incubation (5-6 jours en moyenne, inférieure à 11,5 jours dans 97,5% des cas) et la durée de contagiosité (entre 48h avant l’apparition des symptômes et jusqu’à une dizaine de jours après). Si cette durée est au final mal connue, surtout en l’absence de symptômes ou de symptômes significatifs, « i l n’y a à ce jour aucun argument pour considérer que les re-positivations de la RT-PCR SARS-CoV-2 après leur négativation correspondent à de nouvelles infections » précise le texte. Si la détection du génome viral peut se prolonger plusieurs semaines après la fin des signes cliniques, « les quantités d’ARN détectées dans les prélèvements respiratoires tardifs [semblent] trop faibles pour pouvoir s’accompagner d’un risque de transmission. »

Le HCSP reconnaît qu’il a été rapporté une reprise symptomatique associée à un résultat RT-PCR positif chez certains patients après négativation initiale, mais il s’agit le plus souvent de signes modérés et peu spécifiques et aucun de ces cas rapportés ne permet de suggérer une possible contagiosité. Ces situations seraient le signe de l’existence d’un réservoir viral, à l’image d’autres infections virales, et d’une reprise en cas d’immunité défaillante par exemple. Les CDCs proposent dans ce cadre de lever l’isolement des personnes confirmées asymptomatiques 10 jours après la première RT-PCR positive, si aucun symptôme évocateur n’est apparu ou après une RT-PCR négative sur au moins deux prélèvements respiratoires consécutifs recueillis à 24 heures d’intervalle. Rappelons que la technique de prélèvement respiratoire (écouvillonnage profond, échantillon de salive, aspiration bronchique) dépend de la situation clinique, précisées dans le texte du HCSP.

Qu’apportent les tests sérologiques dans ce contexte ?

Concernant la sérologie, son utilisation en parallèle de la RT-PCR ne peut améliorer la sensibilité du diagnostic de Covid-19 qu’après la première semaine d’évolution. Ses indications sont précisées par la HAS .

En pratique, les anticorps spécifiques détectés par les techniques immuno-enzymatiques permettent de déterminer si la personne a été exposée au virus sans pouvoir préjuger de leur activité neutralisante, cette aptitude n’étant mesurable que par des techniques non disponibles en routine. Au vu des données de la littérature, il est probable qu’une partie des anticorps produits dès 7 à 15 jours après le début des symptômes ont une activité neutralisante et que la quasi-totalité des personnes infectées présentent des anticorps neutralisants 28 à 41 jours après le début des symptômes.

Aussi, le HCSP estime qu’une sérologie positive « témoigne d’une exposition au virus susceptible de conférer une protection de l’individu, dont on ne connaît toutefois pas la durée. A ce jour, un individu ayant été infecté par le SARS-CoV-2, qu’il ait été symptomatique ou non, n’est pas considéré comme pouvant de nouveau être infecté par le virus et donc être source de cas secondaires . »

Conclusion du HCSP

Aussi, le HCSP statue qu’une personne ayant eu des antécédents cliniques résolus fortement évocateurs de COVID-19, mais n’ayant pas eu de confirmation par RT-PCR à l’époque, et qui présenterait un test sérologique ou virologique positif dans le cadre d’un contact tracing ou d’un dépistage systématique ne doit pas être considérée comme un nouveau cas et ne doit pas être placée en quatorzaine si son épisode est résolu (fin de la période de confinement/isolement préconisée en fonction d’une immunodépression ou non). Seules les mesures barrières conviennent de lui être recommandées. Ces préconisations s’appliquent à tous, population générale,patients sortant d’hospitalisation et en attente d’une admission en soins de suite ou en EHPAD, professionnels de santé, professions difficilement remplaçables, .

Le texte précise en outre les modalités d’allègement de la quatorzaine pour ces dernières catégories (personnes difficilement remplaçables) lorsque ces opérateurs sont identifiés comme personne ayant eu un contact à risque de contamination (professionnels de santé ou non).