Tendance toujours inquiétante concernant les IST en France

  • Ndeikoundam Ngangro N & al.
  • Euro Surveill
  • 1 janv. 2019

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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Selon l’analyse réalisée des données 2016 issues des réseaux nationaux de laboratoires et praticiens dédiés, les cas d’infections sexuellement transmissibles (IST) continuent globalement à progresser : en effet, en 2016, 12.495 cas de chlamydia ont été déclarés (+6,5 % depuis 2014), ainsi que 2.113 cas de gonorrhée (+86 % vs 2014), 1.274 cas de syphilis précoce (+25,5 % vs 2014) et 380 cas de lymphogranulomatose vénérienne rectale (LVR, +26 % vs 2014).

Les HSH en première ligne

Les hommes ayant des rapports avec les hommes (HSH) sont les premières victimes de ces IST : en 2016, ils représentaient 95% des cas de LVR, 71% des cas de gonorrhée et 81% des cas de syphilis et c’était parmi eux que le nombre de cas augmentait souvent le plus rapidement (+127% pour les gonorrhées, contre 21 et 40% chez les hétérosexuels femmes et hommes). Étant donné la fréquence des co-infections VIH (19%, 36% et 71% pour les gonorrhées, syphilis et LVR respectivement), les auteurs évoquent la probable progression des comportements à risque parmi cette population.

Pour la première fois depuis 2000, un infléchissement de la courbe des syphilis précoces est observé entre 2015 et 2016 parmi les HSH, mais cette observation demande une certaine prudence car la pénurie en benzathine benzylpénicilline au cours de l’année 2016 a pu impacter la recherche de soins de santé et, par conséquent, le nombre de déclaration de cas.

Une surveillance étroite et plus proche du terrain

Une autre courbe a également présenté un infléchissement entre 2015 et 2016 : celle des cas de chlamydia, qu’il s’agisse des cas recensés chez les hommes ou chez les femmes. Les auteurs rappellent que le remboursement, tout comme le dépistage chez les HSH, ne sont pas systématiques et pourraient expliquer un sous-déclaratif des cas. Quoiqu’il en soit, le maintien d’une telle tendance devra également faire l’objet d’un suivi ces prochaines années.

Face à ce bilan, ils rappellent que « le dépistage régulier et précoce des patients et de leurs partenaires, suivi d'un traitement rapide, est essentiel pour interrompre la transmission des IST. Avec l'avènement de la PrEP, la surveillance épidémiologique doit être adaptée pour mesurer avec précision ses effets potentiels sur la dynamique des IST ». Ils proposent de renforcer la surveillance de ces pathologies et de mieux comprendre les dynamiques sur un plan spatio-temporel afin de proposer des démarches de prévention au niveau infra-national.