Téléconsultations : c’est bien parti !


  • Serge Cannasse
  • Actualités Médicales
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En juin 2018, la signature de l’avenant 6 à la Convention médicale d’août 2016 donnait le coup d’envoi de principe à la télémédecine en France, puisqu’elle donnait la possibilité aux médecins de facturer à l’Assurance maladie téléconsultations et téléexpertises, dans un cadre réglementaire précis. Les premières téléconsultations effectivement prises en charge ont eu lieu en septembre 2018, soit il y a six mois, ce qui permet un premier bilan (les premières téléexpertises sont plus récentes : février 2019).

Au 17 mars 2019, 7.939 téléconsultations avaient été prises en charge par l’Assurance maladie. En 2018, le nombre hebdomadaire moyens d’actes ne dépassait pas 200 (sauf la semaine de Noël), alors que cette année, il est grimpé rapidement, pour aller au-delà de la barre des 700 depuis la mi-février (752 lors de la dernière semaine recensée).

Ce sont surtout les médecins généralistes qui s’en sont emparés (40,2% des actes facturés), suivis par les autres spécialistes (32,2%), les centres de santé (19,9%) et les établissements de santé (7,7%), le plus souvent dans le cadre de leurs consultations externes.

Le développement des téléconsultations devrait s’accélérer dans les prochains mois. En premier lieu, elles bénéficient déjà de solutions techniques très récentes pour faciliter leur programmation et sécuriser l’échange des données médicales qu’elles effectuent. De plus, les pharmaciens (depuis la signature de l’avenant 15 en décembre 2018) et les infirmiers libéraux devraient prochainement y participer. Les centres de santé disposent désormais des mêmes aides financières à l’équipement que celles dont bénéficient les médecins libéraux. Enfin, des téléconsultation en dehors du parcours de soins (patient sans médecin traitant ou indisponibilité de celui-ci, urgence) commencent à être mises en place par des organisations territoriales de médecins, trois étant déjà référencées (dans l’Aube, l’Isère et la Manche).

Ce début est encourageant, sachant que les téléconsultations, et plus largement la télémédecine, modifient l’organisation du travail des médecins et impliquent un temps d’adaptation pour les praticiens. Une enquête récente réalisée par la MACSF (mai 2018) indique que près de 3 médecins sur 4 pensent que la télémédecine fera partie de leur quotidien en 2030.