Téléconsultation, télésurveillance et télé-expertise : sont-elles sources d’économies ?


  • Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

Les résultats d’une étude française basée sur des données de l’Assurance-maladie et des modèles de télémédecine montrent que celle-ci pourrait générer des économies substantielles, notamment :

  • 322 millions d’euros d'économie avec le télémonitoring de l’hypertension artérielle (soit 14% des dépenses de soins liées à cette pathologie, 197 euros d’économie par patient et par an). Ces économies seraient principalement liées à la diminution des coûts des traitements médicamenteux, des consultations médicales et des consultations paramédicales.
  • 26,3 millions d’euros d’économie (6% des dépenses actuelles) grâce à la mise en place de téléconsultation dans la prise en charge du cancer de la prostate. Soit une économie de 529 euros par an et par patient, qui reposerait principalement sur la baisse des coûts de transport et des indemnités journalières.
  • 8 millions d’euros d'économie grâce à la télé-expertise dans la prise en charge spécifique de la rétinopathie diabétique (soit 9% des dépenses totales actuelles chez ces patients), ce qui représente une économie de 539 euros par patient et par an.

Pourquoi cette étude est intéressante ?

La télémédecine est souvent mise en avant pour répondre à la lutte contre les déserts médicaux, mais son intérêt pour les individus et la société va bien au-delà. Pour rappel, la télémédecine repose sur différents actes (Code de la santé publique - Art. L6316-1) : la téléconsultation (un professionnel de santé donne une consultation à un patient à distance), la télé-expertise (un médecin sollicite l’avis d’un spécialiste), la télésurveillance médicale (un professionnel de santé interprète à distance les données utiles au suivi médical d’un patient) et la téléassistance médicale (permet à un professionnel médical d’assister à distance un autre professionnel pour la réalisation d’un acte).

La télémédecine participe au décloisonnement ville-hôpital et à la mise en place de la médecine ambulatoire. La télémédecine engage de nouveaux actes, donc des dépenses. Nous sommes en droit de nous demander si des économies viendront contrebalancer ces dépenses. Encore très peu d’études ont évalué l’impact économique au regard de le l’efficacité d’une prise en charge de la télémédecine en France, d’où l’intérêt de ces données.

Méthodologie

Les données de « vraie vie » sont issues de l’Assurance-maladie. Les modèles évalués étaient les suivants :

  • Une téléconsultation par contrôle à distance de la pression artérielle chez les patients atteints d’hypertension artérielle (HTA) contrôlée depuis 6 mois.
  • Une téléconsultation avec un urologue, pour les patients atteints d’une tumeur maligne de la prostate, ayant subi une prostatectomie récemment, et traités par hormonothérapie et/ou chimiothérapie en ville.
  • Une télé-expertise avec un ophtalmologue pour les patients atteints d’un diabète de type 2 avec suspicion de rétinopathie diabétique. 

Une situation de référence en vie réelle a été établie pour chacune de ces situations cliniques à partir de l’échantillon général des bénéficiaires (EGB), et les coûts des soins associés ont été évalués et ramenés à un coût moyen par patient et par an. Puis ces données ont été comparées aux économies générées par une approche utilisant la télémédecine. 

Financement

Étude financée par l’Association des Laboratoires Japonais Présents en France (LajaPF).