TDAH : le méthylphénidate associé à une augmentation transitoire du risque de crise d’épilepsie

  • Man KKC & al.
  • Lancet Child Adolesc Health
  • 1 juin 2020

  • Par Agnès Lara
  • Résumé d’articles
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À retenir

  • Selon une étude cas-témoins chinoise, le méthylphénidate est associé à une augmentation du risque de crise d’épilepsie dans les 30 jours suivant l’initiation du traitement chez les patients atteints de TDAH, mais pas au-delà.
  • L’observation de ce surrisque transitoire à court terme est un signe d’alerte à prendre en considération. Il doit être discuté avec le patient et sa famille, et inciter à une surveillance neurologique accrue durant cette période.

 

Un risque accru de crise d’épilepsie a été constaté chez les sujets souffrant de troubles de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH). Lorsqu’un traitement médicamenteux du TDAH est envisagé, un stimulant comme le méthylphénidate est recommandé en première intention. L’usage de cette molécule a augmenté au cours de la dernière décennie, mais les études en population n’ont fait apparaître aucun lien avec les crises. La plupart d’entre elles avaient mis en place des suivis à long terme (6 mois ou plus), mais n’avaient pas étudié la période d’initiation de traitement qui est la plus à risque d’effets indésirables. L’étude en population publiée dans The Lancet Child & Adolescent Health a étudié la relation entre exposition au méthylphénidate et risque de crise d’épilepsie, ainsi que les possibles interactions entre cette molécule et d’autres fréquemment associées chez ces patients comme les antidépresseurs ou les antipsychotiques.

Analyse du risque de crise d’épilepsie à court et à plus long terme

À partir d’une base de données de près de 30.000 patients de 6 à 25 ans ayant reçu au moins une dose de méthylphénidate entre janvier 2001 et décembre 2017, l’étude a inclus ceux qui avaient eu des crises d’épilepsie durant la période d’observation, soit 269 sujets dont 58% (157) étaient atteints de TDAH. Elle a comparé chez ces patients l’incidence des crises durant et en dehors de la période d’exposition, ainsi que chez des patients contrôles ayant eu une infection cutanée. L’âge moyen des participants était de 6,66 ans (6-22,5). Au cours de la période étudiée, des antidépresseurs ont été prescrits à 12% des patients et des antipsychotiques à plus d’un quart d’entre eux (27%).

Un risque multiplié par 4 à l’initiation du traitement

Sur les 29.604 patients ayant reçu du méthylphénidate, le risque global de crise durant la période de traitement est apparu comme faible, avec une incidence globale de 4,4 pour 10.000 patients-années. Par rapport à la période de 90 jours précédant la prise de traitement, le risque de crise était multiplié par 4 dans les 30 jours suivant l’initiation du méthylphénidate, avec un rapport des taux d’incidence (RTI) de 4,01 [2,09-7,68]), et un risque de crises récurrentes multiplié par 5 (RTI 5,00 [1,09-22,96]).

En revanche, il n’y avait pas d’augmentation du risque de crise épileptique au-delà de 30 jours (de 31 à 180 jours) (RTI 1,13 [0,56-2,25]), ni au-delà de 180 jours en cas de traitement prolongé (RTI 1,38 [0,92-2,07]). Le risque n’était pas non plus augmenté en cas de traitement concomitant par un antidépresseur ou un antipsychotique. Comme attendu, aucune augmentation de risque n’est apparue dans le groupe contrôle.