TCC dans la fatigue associée à la SEP : ça marche aussi par Internet !

  • Pöttgen
  • JNNP
  • 16 mars 2018

  • de Agnès Lara
  • Lecture critique
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À retenir

Chez des sujets souffrant de sclérose en plaques (SEP), une thérapie cognitive et comportementale (TCC) dispensée sur Internet semble efficace pour réduire la fatigue de façon significative à 3 mois. Et cet effet est maintenu à 6 mois, suggérant que les patients ont acquis des compétences pour gérer leur fatigue de façon autonome sans l’aide du programme en ligne. Cette approche pourrait constituer une solution simple et coût-efficace pour prendre en charge la fatigue liée à la SEP dans les zones où les ressources en thérapeutes sont limitées.

Pourquoi est-ce important ?

La fatigue est un symptôme invalidant que l’on retrouve dans de nombreux troubles neurologiques tels que les AVC, les traumatismes crâniens, la maladie de Parkinson ou la SEP. Elle est particulièrement prégnante dans la SEP puisqu’elle affecte jusqu’à 70% des patients et qu’elle est associée à la dépression et aux troubles cognitifs. Alors que les traitements pharmacologiques sont peu efficaces, plusieurs méta-analyses ont montré que les interventions basées sur les TCC pouvaient réduire le niveau de fatigue associé à cette pathologie. Cependant, le handicap ou la fatigue liés à la maladie, ou encore le fait d’habiter en zone rurale, peuvent constituer des freins pour se rendre de façon régulière chez un thérapeute. Dispenser ce type d’intervention sur Internet pourrait apporter une solution aux patients concernés. Une équipe allemande a donc testé l’efficacité de ce type d’approche dans le cadre d’un large essai contrôlé randomisé. 

Résultats

  • 139 sujets souffrant de SEP de 40,8 ans d’âge moyen (82% de femmes) et présentant un niveau de handicap de 3 sur l’échelle PDDS (Patient Determined Disease Steps, échelle voisine de l’échelle EDSS) ont été inclus dans l’étude et ont suivi une TCC sur Internet durant 12 semaines.
  • Ils ont été comparés à 136 sujets contrôles d’âge moyen 41,9 ans souffrant également d’une SEP avec le même niveau de handicap (79% de femmes).
  • Durant les 12 semaines de l’étude, les participants ont suivi en moyenne 14,5 séances du programme de TCC sur Internet.
  • Le niveau de fatigue mesuré sur l’échelle de Chalder en fin d’intervention (critère principal) a été diminué dans les deux groupes, mais la baisse s’est montrée significativement plus importante dans le groupe TCC sur Internet que dans le groupe contrôle (différence de 2,74 points ([IC95% : 1,16-4,32], p=0,0007 sur 11 points au total, effet de taille 0,53), et cet effet s’est maintenu à 24 semaines (2,19 [IC95% : 0,57-3,82], p=0,0080). Pour mémoire, cette échelle évalue uniquement le niveau de fatigue physique et mentale et n’est pas spécifique de la SEP.

Méthodologie

L’étude a inclus des patients adultes souffrant de SEP et ayant déclaré une fatigue, avec un score d’au moins 43 sur l’échelle de fatigue des fonctions motrices et cognitives (FSMC).

Ils ont été recrutés à partir du site Internet de la Société allemande de sclérose en plaques (DMSG). Pour être inclus, ils ne devaient présenter aucune comorbidité neurologique ou psychiatrique majeure et ne devaient pas avoir eu de rechute dans les 4 semaines précédant l’inclusion.

Les participants ont été randomisés pour recevoir une TCC auto-délivrée par Internet, à raison d’une à deux fois par semaine sur 12 semaines (programme ELEVIDA) ou placés en liste d’attente pour constituer un groupe contrôle.

Limitation

Le nombre de sorties d’essai était non négligeable (19%) et plus important dans le groupe intervention que dans le groupe contrôle. Toutes les informations concernant la maladie étaient auto-déclarées et il n’y avait pas de groupe contrôle actif.