Tatouage : vacciner patients et professionnels contre l’hépatite B


  • Serge Cannasse
  • Actualités Médicales
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À la demande de la DGS (Direction générale de la santé), le HCSP (Haut Conseil de la santé publique) a publié de nombreuses recommandations portant sur les produits et pratiques du tatouage et du détatouage. La plupart s’adressent aux tatoueur(se)s et aux autorités de santé. Néanmoins, leur argumentaire, copieux, contient plusieurs éléments pouvant être utiles aux médecins, spécialistes ou non.

Le texte commence par quelques définitions et avertissements.

  • « Le tatouage est une pratique consistant à créer au niveau de la peau une marque permanente ou un dessin permanent (un « tatouage ») par injection intradermique d’un produit composé de colorants et d’ingrédients auxiliaires. » En 2016, on estimait que 14% des Français avaient au moins un tatouage (versus 10% en 2010), dont 26% des 18-24 ans. Environ une personne tatouée sur cinq regrette au moins un de ses tatouages, mais parmi elles, seule la moitié envisage un détatouage.

  • Le maquillage permanent est destiné à souligner les traits du visage. Il est surtout sollicité par des femmes, de tout âge. L’appellation de maquillage semi-permanent est abusive : pour des raisons techniques, le pigment ne peut que persister.

  • Le détatouage vise à effacer tout ou partie d’un tatouage ou à l'atténuer le plus possible en l'éclaircissant. Les méthodes actuelles ont recours à des techniques par laser spécifiques, qui sont des dispositifs médicaux devant comporter un marquage CE médical. Elles doivent être mises en œuvre par des médecins spécialement formés. Certaines sociétés commerciales proposent des méthodes chimiques, présentées comme moins coûteuses et moins douloureuses. Elles sont à proscrire.

Prendre garde au risque infectieux

Les données sur les effets indésirables du tatouage sont peu nombreuses : la surveillance effective des professionnels déclarés est difficile, celle des non déclarés « quasiment impossible ». Les principaux risques sont :

  • Infectieux, avec des localisations essentiellement cutanées, locales ou locorégionales : contamination par le VHC, le VHB, vraisemblablement le VIH, et par Staphylococcus aureus et Streptococcus pyogenes. Les infections peuvent être liées non seulement à la peau, mais aussi aux pots d’encre, même non préalablement ouverts.

  • Allergiques (essentiellement avec les encres rouges).

  • Réactifs : nodules ou corps étrangers par agrégation de pigments (le plus souvent avec des encres noires).

  • Pas de risque cancérigène démontré.

Il faut accorder une attention particulière aux tatouages réalisés en prison, avec des conditions de réalisation souvent non optimales. Les professionnels déclarés (auprès de l’Agence régionale de santé) bénéficient d’une formation obligatoire à l’hygiène de trois jours. Leur vaccination contre l’hépatite B est « fortement recommandée », ainsi que pour leurs clients, avant toute séance de tatouage.

Pas de tatouage chez le mineur non accompagné par un responsable adulte

La principale complication du détatouage est l’apparition de cicatrices souvent atrophiques, dont la fréquence augmente avec le nombre de séances. Mais il en nécessite fréquemment jusqu’à 12 ou 13, d’où une exaspération fréquente du patient et un coût financier non négligeable. Les contre-indications sont la grossesse, les troubles graves de la cicatrisation ou de la coagulation, les enfants mineurs non accompagnés de leurs parents. Une des recommandations du HCSP est d’ailleurs de « n’autoriser l’acte de tatouage qu’à partir de l’âge de 16 ans avec le consentement écrit d'une personne titulaire de l'autorité parentale ou de son tuteur et limiter la zone (possible couverte par des vêtements) ainsi que la surface globale du tatouage. »

Le Haut Conseil souhaite également que le grand public dispose d’informations validées et homogènes sur le tatouage et le détatouage, ce qui est loin d’être le cas actuellement.