TAT 2019 : Une revue du profil de sécurité des épimédicaments en essais cliniques de phase 1

  • Dr Dominique-Jean Bouilliez

  • JIM Actualités des congrès
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Cibler l'épigénome est devenu aujourd'hui pour certains une priorité car cela pourrait permettre de récupérer un génome sain. Ce qui est intéressant dans certaines tumeurs, et notamment en hématologie où des études de phase 1 ont montré une activité prometteuse des épimédicaments (epidrug) en cas de tumeur solide. Le nombre de ces épimédicaments est d'ailleurs en augmentation exponentielle à travers de nombreux produits qui sont souvent les 'premiers dans leur classe'. Mais la question reste de connaître leur profil de sécurité et de toxicité pour apprécier le meilleur dosage à proposer dans les études de phase 2.

Pour mieux appréhender le sujet, une équipe de Villejuif a analysé rétrospectivement tous les patients avec cancers hématologiques ou tumeurs solides traités par au moins un épimédicament en phase 1 dans leur institution (n = 423) en prenant en compte tous les effets secondaires liés au traitement (type, grade, date, durée, résolution, mode de prise en charge de la toxicité, et évolution).

Sur les 423 patients évalués qui avaient été inclus dans 15 études de phase 1 en monothérapie avec un épimédicament, 43,6 % avaient un cancer hématologique, 23,1 % un lymphome non hodgkinien et 33,3 % une tumeur solide autre. L'âge médian des participants était de 65 ans et 62 % étaient de sexe masculin. Leur traitement a duré en moyenne 119 jours et 335 effets secondaires ont pu être analysés sur les 1 980 cycles enregistrés.

Un nombre non négligeable (35 % répartis plus ou moins équitablement en grade 1-2 et grade 3-4) de ces effets secondaires a été enregistré au cours du premier cycle, les autres ayant été enregistrés ensuite. La plupart de ces effets secondaires étaient d'ordre hématologique (58 %). Le risque de toxicité de grade 3-4 était de 15 % au cours du premier cycle et de 11 % ensuite pour les patients hématologiques, de 29 % et 24 % respectivement pour les patients avec lymphome non hodgkinien et de 12 % et 18 % respectivement pour les patients avec tumeur solide autre.

La dose limite tolérable a été atteinte chez 4 % des patients. Une réduction de dose a été proposée chez 15 % après une durée médiane de traitement de 21 jours. Un arrêt temporaire pour toxicité a été effectué chez 21 % des participants et un arrêt définitif chez 9 %. Ces arrêts se produisaient la plupart du temps au cours du premier cycle (87 %).

Ces données indiquent selon les auteurs que, comme pour les autres traitements ciblés, il faudra adapter la dose et établir une prise en charge des effets secondaires en fonction de la tumeur.