Tanezumab : un bilan contrasté dans les douleurs liées à l’arthrose

  • Schnitzer TJ & al.
  • JAMA
  • 2 juil. 2019

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

Selon une étude randomisée multicentrique récente, le tanezumab améliore de façon significative les scores WOMAC de douleur et de fonction physique à 16 semaines, ainsi que l’évaluation par les patients de la maladie (PGA-OA) dans l’arthrose modérée à sévère du genou ou de la hanche ne répondant pas suffisamment aux antalgiques standard. Cependant, des événements de sécurité plus importants sur le plan articulaire (formes destructrices rapides, remplacement prothétique) ont été détectés.

Quel avenir pour le tanezumab ?

Suite à ces résultats, des études supplémentaires sont nécessaires pour déterminer l’importance clinique de ces évènements. L’éditorial accompagnant l’étude souligne que la pose de prothèse reste une décision et ne constitue pas un critère objectif d’évaluation. Cependant, la tendance observée ici, et décrite par ailleurs dans d’autres études relatives aux anticorps anti-NGF, invite à se demander si le bénéfice antalgique est suffisant pour prendre le risque de voir l’arthrose évoluer ou nécessiter une chirurgie. Sans doute la réflexion doit-elle être partagée entre praticiens et patients, après une information éclairée.

Méthodologie

L’essai a inclus des sujets de 18 ans ou plus souffrant d'arthrose de la hanche ou du genou, répondant mal aux antalgiques. Ils ont été randomisés (1:1:1) entre le tanezumab 2,5 mg SC à J1 et S8 (tanezumab 2,5), tanezumab 2,5 mg à J1 et 5 mg à J8, (tanezumab 2,5/5) et un placebo. Le suivi a été conduit sur 16 semaines.

Principaux résultats

  • Au total, l’étude a inclus et traité 696 patients (moyenne d'âge 60,8 ans, 65,1% de femmes).

  • Les scores moyens WOMAC de douleur ont diminué de 7,1 à 3,6 dans le groupe tanezumab 2,5 mg et de 7,3 à 3,6 dans le groupe tanezumab 2,5/5 soit des différences statistiquement significatives versus placebo (de 7,3 à 4,4). Les scores moyens WOMAC de fonction physique WOMAC ont, eux, diminué de 7,2 à 3,7 et de 7,4 à 3,6 respectivement dans les deux groupes traités, ce qui était également significatif (de 7,4 à 4,5 sous placebo). La conclusion était comparable concernant les scores moyens de PGA-OA (de 3,4 à 2,4, de 3,5 à 2,4 dans le groupe et de 3,5 à 2,7 respectivement). Le taux de patients ayant au moins une amélioration de 50% de leur douleur était plus élevé sous traitement que sous placebo.

  • En terme de sécurité, une arthrose destructrice rapide était plus souvent observée dans les groupes traités par tanezumab 2,5 que dans le groupe 2,5/5 (2,2% vs 0,4%). Les arthroplasties totales, qui ont concerné 28 patients représentaient 3,5% et 6,9% de ces deux groupes, et 1,7% de ceux sous placebo.