Tai Chi et polyarthrite rhumatoïde : a-t-on des preuves de bénéfice ?

  • Mudano AS & al.
  • Cochrane Database Syst Rev
  • 25 sept. 2019

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

Le Tai Chi est reconnu en Chine comme une véritable thérapie pour soulager certains rhumatismes inflammatoires comme la polyarthrite rhumatoïde. Il a été démontré qu’il réduisait le stress, augmentait la force musculaire du bas du corps, améliorait l’équilibre, la posture et la capacité de mouvement chez les personnes âgées. Mais qu’en est-il spécifiquement du bénéfice du Tai Chi chez les sujets qui souffrent de polyarthrite rhumatoïde (PR) ? De quelles données dispose-t-on ? Une revue Cochrane récente vient justement de faire le point sur les études scientifiques publiées entre 2002 et septembre 2018 sur le sujet. Cette revue porte sur dix études et 345 sujets. Les programmes de Tai Chi évalués duraient de 8 à 12 semaines. Le Tai Chi semble soulager les sujets souffrant de PR de leurs douleurs. Malheureusement le manque d’évaluation en aveugle (sujets et/ou évaluateurs) et le fait que ces études souffrent de biais importants, rendent les résultats peu robustes. Les données sur l’amélioration de l’activité de la maladie et de la fonctionnalité ne sont pas de meilleure qualité. Par ailleurs, aucune donnée radiologique ne permet de juger de l’impact réel du programme sur ce critère. Bref, dans ce domaine tout reste à faire en terme de preuves scientifiques de qualité.

Protocole de l’étude

Toutes les données des essais contrôlés, randomisés ou non, ayant mesuré les bénéfices du Tai Chi sur la polyarthrite rhumatoïde en évaluant l’amélioration des critères ACR, la progression de la maladie, la fonctionnalité et la progression radiographique publiés entre 2002 et septembre 2018 ont été inclus dans les analyses.

Principaux résultats

Les participants souffrant de PR inclus dans les études sont principalement des femmes, âgées entre 16 et 80 ans, traitées en ambulatoire en Chine, en Corée ou encore aux États-Unis.

Les programmes de Tai Chi de 12 semaines pourraient soulager les douleurs liées à la polyarthrite rhumatoïde de 22% par rapport à un groupe contrôle, différence moyenne sur une échelle visuelle analogique de -2,15 (échelle cotée de 0-10, le score le plus élevé correspondant à la douleur la plus importante), données basées sur 2 études (81 patients, faible qualité de preuve). Les données concernant la mesure du DAS-28-ESR (Disease Activity Score, coté entre 0 et 10, les scores les plus faibles correspondant à une plus faible activité de la maladie) ne permettent pas de conclusions robustes (1 étude, 43 participants). Il en est de même pour l’évaluation de la fonctionnalité (mesurée par le Health Assessment Questionnaire-HAQ), basée sur 2 études et 63 participants.

Les participants aux programmes de Tai Chi étaient moins enclins à arrêter l’étude à laquelle ils participaient que ceux des groupes contrôles (7 études, 289 sujets, faible niveau de preuve). Aucune donnée ne permettait d’évaluer la progression radiologique, et les événements indésirables à court ou long terme n’ont pas été rapportés, seules quelques descriptions de plaintes articulaires ou musculaires étant parfois mentionnées.