Tabac en baisse, cigarette électronique en hausse


  • Serge Cannasse
  • Actualités Médicales
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Comme en 2018, les ventes de tabac en France métropolitaine ont fortement baissé, avec : -6,6%en 2019 (soit 46.961 tonnes) notamment du fait des fortes augmentations de prix. Avec un effet en apparence paradoxal (voir sur Univadis : Prix du tabac : des intentions gouvernementales aux réalités économiques) : le chiffre d’affaires des produits du tabac a augmenté de 2,5% sur la même année, soit un total de 19,4 milliards d’euros.

C’est la vente de cigarettes (environ 80% du marché) qui a essentiellement baissé de 7,1%. Les ventes de tabac à rouler (environ 15% du marché) reculent également de 6,3%. Il est probable que la différence entre les deux baisses soit due à un report des fumeurs de la cigarette vers le tabac à rouler, en raison du moindre coût de celui-ci. En revanche, la vente des autres types de tabac (à priser, à chiquer, …) progresse depuis 2018, de 4,2%, mais ils ne représentent qu’un peu plus de 4% du total des volumes vendus.

La diminution des volumes vendus est plus nette dans les départements frontaliers avec la Belgique (10,2%), l’Allemagne et le Luxembourg (13,5%), l’Espagne (9,5%), les écarts de prix étant importants avec ces pays.

La prévalence du tabagisme quotidien continue de baisser, passant de 26,9% en 2017 à 25,4% en 2018, aussi bien chez les hommes que chez les femmes, et dans tous les milieux sociaux. Les enquêtes réalisées auprès des collégiens et lycéens montrent également une baisse de l’usage quotidien et de l’expérimentation (voir sur Univadis : Alcool, tabac, cannabis : le début de la baisse chez les jeunes Français ?).

La cigarette électronique et tabac : des usages de plus en plus dissociés

L’usage de la cigarette électronique continue de se développer. Parmi les 18-75 ans, 3,8% l’utilisaient quotidiennement en 2018 contre 2,7% en 2017. Il s’agit essentiellement de fumeurs ou anciens fumeurs : seuls 1% d’entre eux n’avait jamais fumé. En population adolescente, l’usage de la cigarette électronique se dissocie de plus en plus de celui du tabac : en 2018, 9,8% l’ont essayé sans avoir jamais fumé de cigarette auparavant (contre 3,5% en 2015).

Le nombre estimé de patients traités pour arrêter le tabac s’élève à près de 4,3 millions, un tiers de plus qu’en 2018, deux à trois fois plus qu’en 2014-2015. Cela est dû à l’augmentation du prix du tabac, mais aussi au remboursement (à 65%) des prescriptions des traitements utilisés pour le sevrage, autorisant l’usage du tiers-payant.

Il faut enfin noter le succès du Moissanstabac. Ainsi, l’application mobile de tabac-info-service.fr a été téléchargée 309.789 fois en 2019, dont 46,1% en octobre et novembre, au moment de l’opération.

Il est probable que ces bons résultats se confirment en 2020, avec la poursuite de l’augmentation des prix (50 centimes en mars, 40 centimes en novembre), portant le prix du paquet de cigarettes de la marque la plus vendue à plus de 10 euros.