Synergie délétère entre polluants atmosphériques et pollens sur la santé respiratoire immédiate des enfants

  • Amazouz H & al.
  • Thorax

  • Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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Messages principaux

  • Le suivi d’une cohorte parisienne d’enfants de 8 ans suggère que l'exposition à court terme au pollen de graminés et à la pollution atmosphérique ont toutes deux un effet délétère pour la fonction pulmonaire et qu’une synergie existerait entre les deux.

De nombreuses études ont été consacrées à l’impact des polluants atmosphériques sur la fonction respiratoire et à celui des pollens sur le risque des patients asthmatiques ou allergiques. En revanche, l’étude combinée des deux types de composants est rare, alors que des données suggèrent que la fixation des premiers sur les seconds crée une entité, les polluens, dont les propriétés et les risques seraient spécifiques. Afin d’en évaluer l’impact, une étude a été conduite à partir de la cohorte PARIS (Pollution and Asthma Risk : an Infant study).

Méthodologie

PARIS a été constituée entre 2003 et 2006 et a suivi la santé respiratoire de 3.840 enfants nés dans cinq établissements parisiens. Ils étaient suivis par autoquestionnaire et bénéficiaient d’un check-up à 18 mois et 8 ans. Pour cette analyse, l’objectif était d’évaluer l’impact immédiat des polluens sur les performances respiratoires des enfants à 8 ans. Ils ont été catégorisés en groupes selon les données atmosphériques des 4 jours précédant la visite médicale et selon leurs performances mesurées. Ceux qui prenaient des médicaments pouvant modifier l’exploration fonctionnelle respiratoire (EFR) étaient invités à les suspendre dans la mesure du possible pendant les 24 heures précédant le check-up.

Principaux résultats

A partir des 1.063 enfants inclus dans l’analyse, 4 groupes différents ont pu être identifiés, qui correspondaient majoritairement aux périodes auxquelles le check-up avait été réalisé : le groupe 1 de référence, correspondait à ceux ayant une exposition nulle aux pollens et faible aux polluants atmosphériques, et rassemblait majoritairement des enfants explorés à l’automne, soit 51,7% des enfants participants. Le groupe ‘pollens de graminées’, correspondait à une exposition modérée aux pollens et une exposition faible aux polluants atmosphériques (30,8% des enfants, essentiellement entre fin de printemps et début d’été) ; le groupe ‘PM10’ qui avait une exposition élevée aux microparticules de 10µm (PM10) et une exposition faible aux pollens (9,8% des enfants, essentiellement en période hivernale) ; et enfin le groupe ‘pollens d'arbres’, avec une exposition élevée aux pollens de bouleau, et modérée à ceux de platane, ainsi qu’une exposition faible aux autres pollens et à la pollution atmosphérique (7,7% des enfants, essentiellement au début du printemps).

Les enfants du groupe pollens de graminées avaient un VEMS (volume expiré maximal seconde) et une CVF (capacité vitale forcée) significativement plus faibles que chez les enfants du groupe de référence (-40,3 ml [-75,2 à -5,4] et -57,2 ml [-99,2 à -15,2] respectivement), tandis que ceux du groupe "PM10" avaient plus souvent une fraction exhalée du monoxyde d'azote (FeNO)>20 ppb (ORa 1,85 [1,01-3,37]). Ces associations, ainsi que l’altération de la CVF parmi le groupe “PM10”, étaient plus fortes chez les enfants souffrant d'asthme que chez les autres. La rhinite allergique, le sexe ou la sensibilisation aux pollens n’influençaient pas ces relations.

Ceux qui avaient eu une forte exposition aux pollens dans les 4 jours précédant l’EFR avaient un VEMS et une CVF plus faibles que ceux ayant eu une faible exposition aux pollens, que l’exposition aux microparticules soit faible ou forte.