Syndrome Néphrotique idiopathique de l’adulte : l’étude française MSN délivre ses enseignements

  • Rémy P & al.
  • Kidney Int
  • 1 déc. 2018

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

  • Par rapport au traitement conventionnel par prednisone 1 mg/kg/j, la prise en charge du Syndrome Néphrotique à Lésions Glomérulaires minimes (SNLGM) de l’adulte par mycophénolate associé à une plus faible posologie cortisonique (0,5 mg/kg/j) ne permet pas d’atteindre un taux de rémission complète supérieur après 4 semaines de traitement. Par ailleurs, ce chiffre était également similaire dans les deux groupes de l’étude lorsque la rémission était évaluée après 8 ou 24 semaines. Enfin, la fréquence des évènements indésirables graves était la même dans les deux groupes.

  • Aussi, si elle ne permet pas d’envisager le bénéfice d’une épargne cortisonique, cette étude décrit toutefois l’équivalence des deux traitements, ce qui peut constituer un intérêt chez les patients pour lesquels les conséquences de fortes doses de stéroïdes sont à risque. Elle décrit également l’intérêt mitigé à poursuivre la corticothérapie chez ceux n’ayant pas de rémission complète à 4 semaines. Ces données doivent désormais être confirmées par de nouvelles études, et notamment par une étude de non-infériorité.

Pourquoi cette étude a-t-elle été menée ?

Le SNLGM est une maladie définie par l’association d’une protéinurie importante (>3g/j) et d’une hypoalbuminémie

Méthodologie

  • L’étude prospective MSN multicentrique ouverte a impliqué 32 centres français. Ils ont recruté des patients présentant un SNLGM qui ont été randomisés (1:1) entre un traitement par mycophénolate (Myfortic®, 360 mg 2 fois/j pendant 5 jours puis 720 mg 2 fois/j) associé à 0,5mg/kg/j de prednisone (groupe MP) et un traitement de référence par 1mg/kg/j de prednisone pendant 24 semaines (groupe P). Les patients du groupe MP n’ayant pas de rémission complète à S8 étaient basculés vers un traitement par prednisone 1 mg/kg/j avec ou sans ciclosporine.

  • Le critère principal d’évaluation était le pourcentage de patients atteignant la rémission complète après 4 semaines de traitement.

Principaux résultats

  • Au total, 58 patients ont participé à l’étude dans chaque bras, avec des caractéristiques similaires à l’inclusion (44,3 ans, 56% d’hommes, albuminémie médiane 16,6 g/L, rapport protéinurie/créatinine médian 896 mg/mmol).

  • Selon l’analyse en intention de traiter, 64.9% des patients du groupe MP et 57.9% du groupe P ont présenté une rémission complète à 4 semaines (p=0.44). Ce chiffre n’était pas statiquement différent après un suivi de 8 (82,6% vs 70,0%, p=0,15) et de 24 semaines de traitement (80,4% vs 79,6%, p=0,92).

  • Le taux de rechute du syndrome néphrotique durant les 52 semaines de suivi étaient de 23,1%, sans différence entre les deux groupes en termes de fréquence ou de délai avant rechute (7,1 et 5,1 mois respectivement).

  • La fréquence des effets secondaires (91,4% et 87,9%) et des évènements secondaires graves (n=2 et n=3) était la même dans les deux bras de l’étude.

Principales limitations

L’étude a été menée en ouvert.

Financement

L’étude MSN a bénéficié d’un PHRC (Programme Hospitalier de Recherche Clinique) national.