Syndrome inflammatoire multisystémique pédiatrique en contexte de COVID-19 et maladie de Kawasaki : des entités distinctes

  • Whittaker E & al.
  • JAMA
  • 8 juin 2020

  • Par Agnès Lara
  • Résumé d’articles
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À retenir

  • Une étude britannique montre des différences cliniques et biologiques entre des enfants présentant un syndrome inflammatoire multisystémique pédiatrique (Pediatric Multisystem Inflammatory Syndrome, PMIS) associé dans la temps à une infection par le SARS-CoVv-2 (PMIS-TS) et ceux typiquement atteints de la maladie de Kawasaki ou d'un syndrome de choc associé à la maladie.
  • Les sujets atteints de PMI-TS sont plus âgés, ont des taux plus élevés de marqueurs de l’inflammation et de leucocytes, ainsi que de troponine et de fibrinogène.

 

Durant la pandémie de COVID-19, de la fièvre et un syndrome d’inflammation multisystémique sont apparus chez certains enfants, et ont parfois conduit à des états de choc et à une défaillance multi-organique nécessitant des soins intensifs. Ce syndrome inflammatoire associé dans le temps à une infection par le SARS-Cov-2 (PMIS-TS) présente des caractéristiques voisines de celles de la maladie de Kawasaki ou du syndrome de choc associé à cette maladie. Une équipe britannique s’est attachée à en comparer les signes cliniques et biologiques. 

Méthodologie

L’étude a pris en compte une série de 58 cas d’enfants admis au sein de 8 hôpitaux anglais entre fin mars et mi-mai 2020 avec une fièvre persistante, une inflammation multisystémique confirmée par les marqueurs biologiques et une dysfonction organique.

Les paramètres cliniques et biologiques de ces patients ont été comparés à ceux de sujets atteints de la maladie de Kawasaki, ou ayant développé un syndrome de choc en lien avec cette maladie ou un choc toxique, et hospitalisés en Europe ou aux États-Unis.

Résultats

  • Les critères de PIMS ont été retrouvés chez 58 enfants âgés de 9 ans en moyenne (57% de filles et 69% d’origine africaine ou asiatique). La plupart n’avaient pas d’antécédents médicaux. Quarante cinq  d’entre eux, soit 78%, se sont révélés positifs à une infection actuelle ou passée au SARS-CoV-2 (par PCR (26%) ou recherche d’IgG (87%)).
  • Tous les enfants avaient de la fièvre et des symptômes non spécifiques tels que des douleurs abdominales (53%), de la diarrhée (52%) ou des vomissements (45%)... Un rash cutané et une infection conjonctivale étaient présents chez 52% et 45% d’entre eux respectivement. Leurs marqueurs biologiques (protéine C réactive, neutrophiles, ferritine) indiquaient presque systématiquement une inflammation.
  • Sur ces 58 patients, la moitié (29/58) ont développé un choc, le plus souvent associé à une dysfonction cardiaque et 22% (13/58) une insuffisance rénale aiguë. La plupart d’entre eux (27/29) a dû recevoir des agents inotropes et une réanimation liquidienne, et une grande majorité (25/29) a été placée sous ventilation mécanique.
  • Treize de ces patients remplissaient les critères diagnostiques de la maladie de Kawasaki, mais 23 avaient une fièvre persistante et des taux élevés de marqueurs inflammatoires sans signe ni défaillance organique suggérant une maladie de Kawasaki ou un choc toxique.
  • La comparaison des patients PMIS-TS avec ceux atteints de maladie de Kawasaki, de syndrome de choc associé à la maladie ou encore de choc toxique a fait apparaître des différences dans les paramètres cliniques et biologiques et notamment un âge plus élevé (9 ans vs 2,7 ans et 3,8 ans), des taux plus élevés de leucocytes, de neutrophiles, de protéine C réactive, de troponine et de fibrinogène, des concentrations de plaquettes plus basses et la lymphopénie et l’anémie étaient plus marquées.