Syndrome de Sjögren : spécificités des sujets présentant une synovite

  • Mirouse A & al.
  • Autoimmun Rev
  • 5 nov. 2018

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

  • Selon une étude multicentrique française, plusieurs spécificités peuvent être observées chez les sujets souffrant de synovite associée au syndrome de Sjögren par rapport à ceux sans synovite (hypertrophie ganglionnaire, score ESSDAI) alors que les paramètres comme la CRP, la vitesse de sédimentation ou le taux de γ-globulines étaient comparables. Colligés aux données radiologiques, ces résultats montrent que la synovite peut mimer une polyarthrite rhumatoïde sans pour autant être associé à des lésions structurelles.
  • Sur le plan thérapeutique, cette étude décrit une équivalence globale des principales combinaisons impliquant les corticoïdes, mais des études dédiées seraient nécessaires pour appuyer la pratique clinique.

Pourquoi cette étude a-t-elle été menée ?

Le syndrome de Sjögren, maladie auto-immune caractérisée par une diminution des fonctions exocrines, est associé à des manifestations arthralgiques chez 20 à 60% des sujets. La prise en charge de ces patients n’est pas codifiée et souffre d’une absence de traitements efficaces. Des chercheurs français ont souhaité mieux décrire cette population, en déterminant s’ils présentaient des spécificités par rapport aux sujets sans synovite et en évaluant les traitements prescrits et leur efficacité.

Méthodologie

L’étude multicentrique a inclus tous les patients de plus de 18 ans et présentant une synovite associée à un syndrome de Sjögren primaire (SSP) qui étaient suivis par l’un des 13 services hospitaliers participants. Leur profil a été comparé à des sujets présentant un SSP sans synovite qui ont été appariés (2 pour 1) sur l’âge (± 10 ans), le sexe et l’ancienneté de la maladie.

Principaux résultats

  • Au total, 57 patients (93% de femmes, 54 ans d’âge médian) présentant une synovite associée au SSP ont été inclus dans l’analyse, qui était une polyarthrite symétrique dans 67% des cas (valeurs médianes de 8 et 4 articulations douloureuses et gonflées respectivement). Le facteur rhumatoïde et les anticorps anti-CCP étaient présents chez 45% et 10,5% d’entre eux. Au total 28% des patients dont tous les porteurs d'anticorps anti-CCP, ont bénéficié d’une évaluation radiologique à la fin du suivi (32,5 mois en moyenne) et aucun patient ne présentaient de lésions structurelles.

  • Par comparaison aux 114 patients contrôles (SSP sans synovite), ils présentaient plus souvent une hypertrophie ganglionnaire (12,3 vs 1,8, p=0,007) et un score ESSDAI élevé (EULAR Sjögren Syndrome Disease Activity).

  • Le traitement initié en première ligne comportait des corticoïdes en association (79%) avec de l’hydroxychloroquine, du méthotrexate ou du rituximab (49%, 35% et 5,3%) principalement, tandis que 5,3% des sujets étaient traités par corticoïdes en monothérapie. La durée médiane du traitement était de 4,9 mois. Aucune différence n’a été observée concernant l’efficacité des différentes combinaisons thérapeutiques sur la diminution du nombre d’articulations douloureuses ou gonflées, de la CRP ou du score ESSDAI.

Principales limitations

Cette étude était rétrospective et l’efficacité des traitements n’était pas évaluée selon un protocole randomisé et en aveugle. Enfin, les patients contrôles avaient été recrutés dans un seul des centres participants.