Syndrome de l’intestin grêle court avec insuffisance intestinale : avancée majeure dans la réponse au traitement

  • Joly F & al.
  • Clin Nutr
  • 23 déc. 2019

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

Une étude française a évalué les facteurs prédictifs d’une réponse précoce à un traitement par téduglutide et au sevrage de la nutrition parentérale chez des patients souffrant d’insuffisance intestinale liée à un syndrome du grêle court.

Les résultats de cette étude confirment l’efficacité d’un traitement par téduglutide durant 24 semaines, sur la réduction des besoins de nutrition parentérale. Ils ont également mis en évidence que des apports nutritionnels importants par voie orale au moment de l’initiation du traitement étaient associés à une meilleure réponse au traitement à 24 semaines. D’autres facteurs prédictifs d’efficacité, comme des apports nutritionnels importants par voie orale, ainsi qu’un faible volume de nutrition parentérale à l’initiation du traitement par téduglutide étaient associés au sevrage de la nutrition parentérale à 24 semaines.

Selon les auteurs, ces résultats soulignent l’importance de l’optimisation nutritionnelle au démarrage du traitement par téduglutide.

Pourquoi cette étude est intéressante ?

Les patients souffrant d’une insuffisance intestinale liée à un syndrome de l’intestin court présentent une malaborption des nutriments et/ou des liquides par voie orale et entérale. Ainsi, le recours à une nutrition parentérale complète ou partielle et/ou à l’administration intraveineuse de fluides est fréquente chez ces sujets. En France seul le téduglutide, un analogue GLP-2, est disponible depuis octobre 2015 dans ce contexte. Compte tenu du coût élevé de ce traitement et de l’hétérogénéité des patients, les recommandations ESPEN suggèrent d’identifier les candidats potentiellement répondeurs. D’où l’intérêt de cette étude menée en vraie vie.

Protocole de l’étude

Cette étude française multicentrique, rétrospective, observationnelle a été menée en ouvert chez des patients souffrant d’insuffisance intestinale liée à un syndrome du grêle court.

Principaux résultats

Au total, 54 patients (35% de femmes, âge moyen 52,3 ans) traités par téduglutide depuis au moins 6 mois ont été inclus de manière consécutive dans cette étude. La longueur moyenne de l’intestin grêle était de 62 cm, et 65% des patients avaient un colon en continuité. Les principales causes de syndrome du grêle court étaient l’ischémie mésentérique aiguë (39%) et la maladie de Crohn (30%). À l’inclusion les patients recevaient en moyenne 4,4 perfusions de nutrition parentérale par semaine, soit un volume moyen de 1.595 mL/j sur 7 jours.

À 24 semaines, 85% des patients étaient répondeurs au traitement, ils avaient en effet réduit leurs besoins en nutrition parentérale d’au-moins 20%. Et 24% des patients étaient considérés comme sevrés de la nutrition parentérale avec des besoins diminués de 51% (valeur moyenne 698 mL/jour).

Les analyses ont mis en évidence un apport nutritionnel par voie orale plus important (2.540 vs1.875 kcal/j) chez les sujets qui avaient répondu au traitement que chez les autres. Cette association restait significative après ajustement sur l’âge, la longueur de l’intestin, les causes du syndrome du grêle court et l’anatomie intestinale. Les patients qui avaient pu être sevrés de nutrition parentérale à 24 semaines avaient à l’inclusion, un volume de nutrition parentérale plus faible (738 vs1.867 mL/j) et des apports nutritionnels oraux plus importants (2.845 vs2.294 kcal/j) que ceux qui n’avaient pas atteint le sevrage.