Syndrome d’entérocolite induite par les protéines alimentaires


  • Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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Une mise au point publiée dans la Revue française d’allergologie nous permet de revenir sur le syndrome d’entérocolite induite par les protéines alimentaires (SEIPA) et le protocole de prise en charge associé aux épisodes aigus.

Quelques points clés concernant l’épidémiologie et les caractéristiques cliniques

  • Le SEIPA est une forme d’allergie non IgE dépendante concernant principalement les nourrissons. La prévalence du SEIPA au lait de vache serait d’environ 0,34%, contre 0,5% pour une allergie IgE dépendante au lait de vache. Tous aliments confondus, l’incidence serait de 1 cas pour 10.000 enfants. 
  • Dans sa forme aigüe, elle se caractérise par des vomissements itératifs, pouvant se compliquer d’un choc hypovolémique 1 à 4 heures après le repas. Une diarrhée – non systématique – peut survenir plus tardivement dans les 6 à 24 h. Le retard au diagnostic est fréquent, les symptômes pouvant évoquer « une gastro-entérite, une invagination intestinale, une infection, une intoxication, un choc septique… ». L’altération de l’état général et/ou une léthargie sont des éléments diagnostiques importants. 
  • Dans sa forme chronique, les symptômes sont peu caractéristiques, puisqu’il s’agit de vomissements évoquant un reflux-gastro-oesophagien, une diarrhée chronique et une prise pondérale insuffisante. 
  • Contrairement à l’allergie alimentaire IgE médiée, le SEIPA ne bénéficie d’aucun test allergologique permettant de poser le diagnostic rapidement. 

Protocole de prise en charge

Le groupe de travail « Allergie Alimentaire » de la Société française d’allergologie a proposé en collaboration avec le Groupe francophone de réanimation et d’urgences pédiatriques un protocole destiné aux médecins des services d’urgence. 

  • L’interrogatoire des parents pour rechercher un aliment improbable, atypique dans une allergie alimentaire classique, mais à l’origine des symptômes chez l’enfant, est un élément essentiel. Si tous les aliments peuvent induire un SEIPA, le lait de vache serait le plus fréquent chez les nourrissons, notamment dans les formules infantiles, ainsi que les formules à base de soja. Sont également en cause le poisson, le riz, les fruits et les légumes. Si la majorité des enfants réagissent à un seul aliment, 20 à 30% ont un SEIPA induit par au moins deux aliments et 10% par au moins quatre.
  • Le traitement dépendra du lieu de prise en charge (domicile ou urgences), de l’intensité de l’épisode (mineur, modéré ou sévère). Seul le protocole mené aux urgences est décrit ici.
  • Un épisode aigu sévère se caractérise par plus de trois vomissements associés à des signes de gravité (léthargie sévère, hypotonie majeure, pâleur, cyanose ou teint septique, instabilité hémodynamique). Une conduite aux urgences le plus rapidement possible est un impératif. Un remplissage vasculaire sera réalisé pour restaurer une hémodynamique normale. Celui-ci peut être associé à l’administration IV de méthylprednisolone (1mg/kg, maximum 60-80 mg) pour diminuer l’inflammation cellulaire. D’éventuels troubles hydro-électriques seront recherchés et corrigés. D’où l’intérêt du maintien jusqu’à reprise d’une alimentation orale tolérée. Certaines formes sévères ou persistantes peuvent après les premiers traitements relever des soins d’urgences en réanimation. L’adrénaline n’a pas sa place dans la prise en charge des SEIPA sans association à une allergie IgE médiée. 
  • L’épisode aigu modéré est caractérisé par au moins trois épisodes de vomissements associés à une léthargie « légère » évoquant une déshydratation sans signe de gravité. Un remplissage vasculaire de 20 mL/kg en bolus de sérum physiologique sera le point clé du traitement. 
  • Dans les formes modérées à sévères, chez les plus de 6 ans, une dose d’ondansétron 0,15 mg/kg est indiquée (maximum 16 mg). Ce traitement présente cependant un risque iatrogène d’allongement du QT. 

Seule l’identification et l’élimination de l’aliment causal pourra permettre une prévention efficace.