Syndrome d’abstinence néonatale : quel médicament privilégier ?

  • Slowiczek L & al.
  • Neonatal Netw
  • 1 nov. 2018

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

  • Différents traitements pharmacologiques sont proposés en cas de syndrome d’abstinence néonatale (ou de sevrage néonatal) ne répondant pas aux moyens de nursing déployés (soit 50 à 80% des cas). Une méta-analyse en réseau a été publiée dans le JAMA Pediatrics afin d’établir celui qui était le plus efficace en termes de durée nécessaire de traitement (critère principal) ainsi qu’en termes de durée de séjour, de nécessité de recours à des traitements adjuvants ou en termes d’évènements indésirables (critères secondaires). Elle montre que la buprénorphine offre les durées de traitement et de séjour les plus courtes parmi toutes les molécules considérées (buprénorphine, clonidine, teinture diluée d'opium, combinaison de teinture diluée d'opium et clonidine, méthadone et phénobarbital), la morphine et le phénobarbital donnant les résultats les moins bons.
  • Les données disponibles estent cependant insuffisantes pour apporter un niveau de preuve solide, car certains des essais disponibles n’étaient pas conduit en aveugle ou présentaient une hétérogénéité en termes de paramètres d’inclusion ou d’exclusion. Les auteurs questionnent notamment la possibilité d’un bénéfice supérieur apporté par la buprénorphine eposant sur des différences en termes d’optimisation de la titration et des protocoles de sevrage. De nouveaux essais cliniques seraient par conséquent nécessaires. Ils permettraient de conclure au sujet de plusieurs critères secondaires (recours à des traitements adjuvants, évènements indésirables).

Méthodologie

La méta-analyse en réseau, qui permet des comparaisons face-face entre les molécules, a rassemblé 18 études cliniques randomisées ayant comparé au moins deux traitements différents chez des nouveaux-nés exposés aux opiacés in utero .

Principaux résultats

  • Concernant le critère principal (10 études, 8 interventions, n=538), tous les traitement sont apparus plus efficaces que la morphine hormis le phénobarbital, qui était moins efficace que cette dernière. La molécule qui permettait une durée plus courte de traitement était la buprénorphine, suivie par la clonidine seule, la clonidine associée à la teinture d’opium, puis la méthadone. Ainsi, la durée moyenne de traitement était inférieure de 12,75 jours [-17,97 à -7,58] avec la buprénorphine par rapport à la morphine, contre 3,98 jours de plus sous phénobarbital [0,39-7,63] versus morphine.
  • Concernant la durée de séjour hospitalier (7 études, 6 interventions, n=352), l’efficacité des molécules suivaient le même ordre : la buprénorphine était associée à une réduction de 11,43 jours [de -16,95 à -5,82] par rapport à la morphine.
  • Aucune différence significative n’a été trouvée concernant la nécessité de recours à un traitement adjuvant (7 études, n=394) et aucune comparaison n’a pu être réalisée afin de conclure concernant les évènements indésirables.
  • La méthadone était la molécule qui offrait le le risque d’échec le plus faible (OR : 0,50 [0,23-1,07], la buprénorphine et le phénobarbital étant associés à un risque supérieur (OR 1,23 et 1,74 respectivement).