Syndicats de pharmaciens : tirs nourris entre l’USPO et la FSPF

  • Benoît Thelliez

  • JIM Actualités métier
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Paris, le jeudi 10 août 2017 - L'unité syndicale conclue en avril entre les deux syndicats représentatifs des pharmaciens, l'Union des syndicats des pharmaciens d'officine (USPO) et la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France (FSPF), n'aura donc survécu que le temps d'une négociation. Et encore… La signature à la mi-juillet de l'avenant à la convention pharmaceutique par la seule USPO, au grand dam d'une FSPF se sentant trahie, n'aura été que le révélateur des divergences persistantes entre les deux organisations et leurs présidents. Les « petites phrases », distillées ça et là et de part et d'autre au cours de la période unitaire, ne laissaient d'ailleurs guère de doute quant à l'issue d'une trêve qui se révèlera n'être que de façade.

Après que la FSPF ait amèrement déploré le lâchage de dernière minute de l'USPO qui a finalement entériné l'accord avec l'Assurance maladie et engagé toute la profession à sa suite, cette dernière a publié un communiqué au début du mois d'août dans lequel elle fustige la hausse des cotisations patronales pour les pharmaciens voulus par l'Union nationale des professions libérales (UNAPL). Considérant que cette décision est « inacceptable et injustifiée », l'USPO affirme que « cette nouvelle cotisation obligatoire de 0,15 % » qui « s'ajoutera à la contribution de 0,04 % pour le financement du paritarisme (…) impactera plus particulièrement les pharmaciens d'officine, contrairement aux autres professions libérales qui emploient peu de salariés, et s'élèvera, en moyenne, à 300 euros par officine et par an ». Si tout cela ne semble avoir aucun lien avec la FSPF, Gilles Bonnefond, le président de l'USPO ne s'est, quant à lui, pas privé d'en tisser un.

Feux, contre-feux et autres coups bas

En une seule phrase insérée dans le communiqué dont il est le signataire, le dirigeant de l'USPO a ainsi fait en sorte de tourner tous les regards vers son homologue de la FSPF : « L'UNAPL, dont le vice-président est Philippe Gaertner, impose une cotisation supplémentaire aux pharmaciens d'officine servant à financer son organisation et l'indemnité de ses dirigeants ». Un coup bas que l'intéressé n'a que modérément apprécié et contre lequel il s'est rapidement empressé de protester par le biais d'une lettre ouverte publiée sur le site du syndicat. Considérant d'entrée que G. Bonnefond a « une nouvelle fois diffusé à l'ensemble de la profession un grand nombre de mensonges auxquels (il nous a) habitué », le président de la FSPF estime que « ce texte est un contre-feu malhabile » destiné à « détourner l'attention de nos confrères » de la signature de l'USPO de l'avenant conventionnel.

Pointant de nombreuses « erreurs et mensonges » dans le communiqué de l'USPO, P. Gaertner nie l'existence d'une nouvelle cotisation obligatoire de 0,15 % et un surcoût de 300 euros en moyenne par officine, tout comme d'autres assertions qu'il rejette en bloc. Il ne se prive par ailleurs pas de railler les « méthodes de calculs » du président de l'USPO qui expliquent bien, selon lui, pourquoi celui-ci considère l'avenant signé par l'Assurance maladie comme étant gagnant pour l'officine. Rappelant au passage que l'USPO reste minoritaire par rapport à la FSPF en ne représentant que 25,84 % des pharmaciens syndiqués, P. Gaertner invite son président à « revoir (ses) sources d'information, (ses) analyses chiffrées et (son) analyse du Code du travail » et se « réserve bien entendu le droit de faire valoir les droits de la FSPF » si ce dernier persiste « dans le dénigrement, le mensonge et la mauvaise foi ».