Symptômes vulvovaginaux : comprimés vaginaux d’estradiol, crème hydratante ou placebo ?

  • Mitchell CM & al.
  • JAMA Intern Med
  • 19 mars 2018

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles

À retenir 

Les résultats de cette étude suggèrent que ni les comprimés vaginaux d’estradiol sur prescription ni une crème hydratante en vente libre n’apportent de bénéfice sur la réduction des symptômes vulvovaginaux par rapport à un placebo. Ainsi, le choix pourrait être une question de préférence personnelle, de formulation et de coût plutôt que de composition.

Pourquoi est-ce important ?

Près de la moitié des femmes ménopausées se plaignent de symptômes vulvovaginaux gênants, notamment une sécheresse vaginale, des douleurs lors des relations sexuelles. En 2014, la Société nord-américaine de la ménopause a défini le terme de syndrome génito-urinaire de la ménopause reflet d’une problématique aux multiples facettes. Ce terme a remplacé l’atrophie vulvovaginale et génito-urinaire.  Certaines enquêtes montrent que les femmes préfèrent des traitements non hormonaux pour une question de sécurité, d’où l’intérêt d’évaluer ces différentes stratégies thérapeutiques. Il s’agit ici de la première étude randomisée évaluant l’efficacité d’un traitement hormonal, non hormonal et d’un placebo pour les symptômes vulvovaginaux chez la femme ménopausée.

Principaux résultats

Au total, 302 femmes ménopausées ont été incluses (âge moyen 61 ans, sexuellement active (81%), 102 dans le groupe comprimés vaginaux d’estradiol + placebo de crème hydratante, 100 dans le groupe crème hydratante vaginale + placebo de comprimés vaginaux et 100 dans le groupe double placebo). Le symptôme vulvovaginal le plus fréquemment rapporté était la douleur à la pénétration (60%), suivi par la sécheresse vulvovaginale (21%). La réduction moyenne de la sévérité des symptômes à la 12esemaine était similaire (cotation entre 0 et 3) : groupe estradiol -1,4, groupe crème hydratante -1,2 et groupe placebo -1,3.

Aucune différence significative n’a été mise en évidence entre les comprimés vaginaux d’estradiol (p=0,25) et la crème hydratante (p=0,31) par rapport au placebo.

L’amélioration de l’index de fonction sexuelle féminine (FSFI) était similaire entre le groupe comprimés vaginaux d'estradiol et placebo (respectivement 5,4 vs 4,5, p=0,64) et entre la crème hydratante et le placebo (respectivement 3,1 vs 4,5, p=0,17).

Méthodologie

  • Étude multicentrique randomisée de 12 semaines, ayant comparé l’efficacité sur le traitement des symptômes vulvovaginaux post-ménopausiques, d’un comprimé vaginal d’estradiol à 10 µg (tous les soirs durant 2 semaines, puis deux fois par semaine) associé à une crème placebo (3 fois par semaine) versus une crème hydratante vaginale associée à un comprimé vaginal placebo versus un double placebo.
  • Les femmes ménopausées incluses présentaient des symptômes modérés à sévères à titre de sécheresse, de démangeaisons vulvovaginales, de douleurs, d’irritations et de douleurs à la pénétration.