SUSTAIN 9 : quel bénéfice espérer de l’association sémaglutide - iSGLT2 ?

  • Zinman B & al.
  • Lancet Diabetes Endocrinol
  • 1 mars 2019

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

L’American Diabetes Association (ADA) et l’European Association for the Study of Diabetes (EASD) ont récemment réaffirmé l’intérêt d’adapter la prise en charge médicamenteuse aux caractéristiques des patients. L’ajout du sémaglutide chez des patients diabétiques de type 2 (DT2) déjà traités par un inhibiteur des SGLT2 (iSGLT2) apporte un bénéfice significatif à 30 semaines sur le contrôle glycémique, le poids et le risque d’hypoglycémies chez les patients diabétiques de type 2. Ainsi, la combinaison des deux mécanismes d’action bien distincts serait d’un apport non négligeable.

Pourquoi cette étude a-t-elle été menée ?

Le sémaglutide est un analogue des récepteurs du GLP-1 proposé en administration hebdomadaire chez les diabétiques de type 2. Les sociétés savantes américaine et européenne mettent notamment en avant l’intérêt de l’utilisation préférentielle des agonistes du GLP-1 et des iSGLT-2 après la metformine chez les DT2 ayant une maladie cardiovasculaire établie. Les résultats de cette étude de bonne qualité méthodologique contribuent à mieux évaluer l’intérêt de cette stratégie thérapeutique.

Méthodologie

SUSTAIN 9 est un essai randomisé, contrôlé, mené en double aveugle, en groupes parallèles au sein de 61 centres répartis dans 6 pays. Les sujets inclus étaient des adultes DT2 ayant une HbA1c entre 7,0 et 10,0% malgré au moins 90 jours de traitement par un iSGLT2. Les participants ont été randomisés (1:1) afin de recevoir durant 30 semaines consécutives, une dose hebdomadaire de sémaglutide 1,0 mg en SC ou une dose placebo de volume équivalent. Une phase d’escalade de dose durant 8 semaines avait été initiée avant ces 30 semaines. Les autres traitements anti-hyperglycémiants (dont l’iSGLT-2) étaient poursuivis pour toute la durée de l’étude. Les participants pouvaient bénéficier sur décision du clinicien, d’un traitement de secours défini par une intensification du traitement antidiabétique de fond ou l’initiation d’un nouveau traitement anti-hyperglycémiant. 

Principaux résultats

Les caractéristiques des sujets à l’inclusion étaient comparables entre les deux groupes, excepté le poids moyen qui était plus élevé dans le groupe placebo (93,8 kg vs 89,6 kg). L’HbA1c moyenne à l’inclusion était de 8,0% dans le bras sémaglutide et 8,1% dans le bras placebo. Parmi les individus traités par iSGLT2 et inclus dans l’un des deux bras de l’étude, 71,5% recevaient également de la metformine et 12,9% un traitement par sulphonylurée.

La prévalence des complications liées au diabète était similaire dans les deux groupes. Les patients sous sémaglutide avaient une réduction d’HbA1c et de poids plus importante que ceux sous placebo (différence respectivement estimée à -1,42% et -3,81kg, p

Au total, 69,3% des patients du groupe sémaglutide ont rapporté des évènements indésirables contre 60,3% dans le groupe placebo. Les évènements les plus fréquemment rapportés étaient ceux d’origine gastro-intestinale (37,3% sous sémaglutide versus 13,2% sous placebo). Au global, 4,7% des patients traités par sémaglutide et 4,0% de ceux sous placebo ont expérimenté un événement indésirable grave. Par ailleurs, seuls 2,7% des sujets sous sémaglutide ont rapporté des hypoglycémies sévères confirmées (4 cas, dont un sous sulfonylurée) et aucun sous placebo. Aucun cas de pancréatite n’a été notifié.

Principales limitations

Durée de l’étude relativement courte.

Financement

Étude financée par Novo Nordisk.