SUSTAIN-8 : agoniste GLP-1 versus inhibiteurs SGLT2

  • Lingvay I & al.
  • Lancet Diabetes Endocrinol
  • 17 sept. 2019

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

Chez des diabétiques de type 2 insuffisamment contrôlés par metformine seule, SUSTAIN 8 indique qu’un traitement durant 52 semaines par semaglutide 1,0 mg une fois par semaine serait supérieur à un traitement par canagliflozine 300 mg/j sur la baisse de l’HbA1c et la perte de poids. Le choix d’un antidiabétique en second intention doit cependant être considéré de manière individuelle en tenant compte du profil même du patient et de ses préférences.

Pourquoi cette étude est intéressante ?

Les agonistes du GLP-1 et les inhibiteurs SGLT2 sont des antidiabétiques recommandés par de nombreuses Sociétés savantes en seconde ligne de traitement. Rappelons que la France reste l’un des derniers pays européens où les iSGLT2 ne sont toujours pas commercialisés. Plusieurs études montrent que ces traitements ont des spécificités en termes d’efficacité sur l’HbA1c, le poids, la pression artérielle, le cholestérol, la sécurité cardiovasculaire, ce qui conduit à privilégier une classe ou l’autre pour certains profils de patients, notamment en cas d’athérosclérose ou d’insuffisance cardiaque.

Méthodologie

SUSTAIN-8 est une étude internationale, randomisée, menée en double aveugle en groupes parallèles. Elle a inclus des adultes ayant un diabète de type 2 insuffisamment contrôlés (HbA1c entre 7,0-10,5%) malgré un traitement stable par metformine. Les patients ont été randomisés entre un groupe traité durant 52 semaines par agoniste GLP-1, semaglutide 1,0 mg en sous-cutané une fois par semaine, et un groupe traité par iSGLT2, canagliflozine 300 mg une fois par jour.

Principaux résultats

Au total, 739 patients ont été inclus dans les analyses (n=367 sous semaglutide et n=372 sous canagliflozine). Le taux d’HbA1c initial moyen était de 8,3%.

Les patients sous semaglutide (agoniste GLP-1) ont eu une réduction de l’HbA1c et du poids plus importante que ceux traités par canagliflozine (iSGLT2) : 

  • Variation d’HbA1c depuis l’inclusion : -1,5 et -1,0 points de pourcentage respectivement pour le groupe semaglutide et canagliflozine, soit une différence d’HbA1c entre les 2 bras depuis l’inclusion -0,49 point de pourcentage, p
  • Variation de poids depuis l’inclusion : -5,3 kg sous semaglutide et -4,2 kg sous canagliflozine, soit une différence entre les deux groupes à 52 semaines de -1,06 kg en faveur du semaglutide, p=0,0029.
  • À 52 semaines, la réduction de la glycémie à jeun et de la pression artérielle était plus importante sous semaglutide.

Les deux traitements ont été bien tolérés avec un faible taux d’hypoglycémies sévères (2% sous semaglutide et 1% sous canagliflozine). Des troubles gastro-intestinaux - plus particulièrement des nausées - ont été plus souvent notifiés sous semaglutide (47% des patients sous agoniste GLP-1 ont été concernés), alors que des infections - surtout du tractus urinaire - étaient plus fréquentes sous canagliflozine (35% des patients sous iSGLT2).

Les arrêts de traitements liés à la survenue d’événements indésirables étaient plus fréquents sous semaglutide (10% versus 5% sous canagliflozine). Un événement coronarien fatal lié au traitement est survenu dans le groupe semaglutide.

Financement

Étude financée par Novo Nordisk.