Surveiller les symptômes gastro-intestinaux sous anti IL-17

  • Petitpain N & al.
  • Clin Pharmacol Ther
  • 7 janv. 2021

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir

Une étude rétrospective française suggère que les traitements par IL-17 sont associés à un nombre important de déclarations de cas de novo de maladies inflammatoires chroniques des intestins (MICI), de colites ou de cas d’exacerbations de ces atteintes, notamment dans les six premiers mois post-initiation.

Sur la base de ces travaux, les auteurs soulignent l’importance d’assurer une surveillance étroite des symptômes gastro-intestinaux et des biomarqueurs de l’inflammation intestinale chez les patients traités par IL-17.

 

Une équipe française a évalué la prévalence, les caractéristiques et l’évolution des effets indésirables gastro-intestinaux chez des patients traités par inhibiteurs d’IL-17.  Cette étude a été réalisée à partir des rapports individuels d’effets indésirables (ICSR : Individual Case Safety Reports) mentionnés dans la base de données VigiBase® de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) à partir des données des Autorités de santé de 130 pays à travers le monde. Les cas inclus étaient ceux rapportés au 8 mars 2020.

Pourquoi ces résultats sont-ils intéressants ?

Les anti-IL17, secukinumab (SEC), ixekizumab (IXE) et brodalumab (BRO) sont des traitements qui ont démontré leur bénéfice dans le traitement du psoriasis, de la spondyloarthrite, du rhumatisme psoriasique. Des essais cliniques randomisés, menés en double aveugle contre placebo avec le BRO et le SEC dans les MICI n’ont pas révélé de bénéfices. Et par ailleurs, des cas de MICI ont été signalés chez des patients avec atteintes rhumatologiques traités par inhibiteurs de l’IL-17. 

Principaux résultats

Au global, 1.129 ICSR gastro-intestinaux  ont été identifiés. Le nombre de cas déclarés étaient beaucoup plus important sous SEC : 944 sous SEC, 184 sous IXE et 1 sous BRO. Parmi ces événements, 850 concernaient des MICI - 42,5% maladie de Crohn (MC), 31,9% rectocolite hémorragique (RCH), 25,6% indifférenciées- et 279 des cas de colites (79,2% indifférenciée, 10,4% microscopique). Les cas de MICI et de colite correspondaient respectivement à 1,29% et 1,25% des évènements indésirables rapportés sous SEC et IXE. L’âge médian d’apparition des symptômes gastro-intestinaux était de 45 ans pour les cas de MICI et 50 ans pour les cas de colite. Les symptômes de MICI ou de colite apparaissaient pour plus des deux tiers des cas dans les 6 premiers mois post-initiation du traitement par SEC ou IXE. Dans 89,4% des cas de MICI et 67,0% des cas de colite, des critères de sévérité étaient décrits.

Des données de suivi étaient disponibles pour 37,9% des patients. Parmi les sujets qui ont développé une MICI, 59,5% ont eu un rétablissement complet ou une amélioration continue de leurs symptômes, 33,9% n’ont pas connu d’amélioration, 5,4% ont eu des séquelles et 1,2% sont décédés. Pour ceux qui avaient développé une colite, 64,2% ont connu un rétablissement complet ou une amélioration continue de leurs symptômes, 29,5% ne se sont pas rétablis, 4,2% ont conservé des séquelles et 2,1% sont décédés. Le risque de développer une MICI ou une colite sous anti IL-17 par rapport à tous les autres traitements utilisés pour une atteinte rhumatologique était multiplié par 3 (odds ratio rapporté (ROR) 3,36 [3,19-3,55]). Une analyse spécifique menée sur les cas déclarés en Europe a montré une augmentation du risque par 6 (ROR 6,53 [5,99-7,11]). 

Limitations

Étude rétrospective.