Surveillance nationale des bactéries multi-résistantes : données RAISIN 2017


  • Caroline Guignot
  • Actualités Médicales
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Messages principaux

  • En 2017, la densité d’incidence (DI) globale des Staphylococcus aureus résistant à la méticilline (SARM) était toujours en baisse, et égale à 0,23 pour 1.000 journées d’hospitalisation, soit une baisse de 64% depuis 2002.
  • La DI globale des entérobactéries productrices de bêta-lactamases à spectre étendu (EBLSE) était en légère baisse en 2017, avec 0,67 contre 0,71/1.000 journées d’hospitalisation en 2016. Une donnée encourageante toutefois contrebalancée par son augmentation dans les seuls établissements participant chaque année à la surveillance depuis 2013.

Comme tous les ans depuis 2002, le réseau Raisin, qui coordonne la surveillance des bactéries multirésistantes (BMR) au sein des établissements de santé français, publie son bilan annuel. Les données relatives à l’année 2017 viennent de paraître sur le site de Santé Publique France. Elles émanent de 1.311 établissements de santé (dont 43% publics, 14% privés d’intérêt collectif et 27 % privés de court séjour médecine chirurgie et obstétrique).

SARM et EBSLE : les dynamiques se maintiennent

En 2017, la DI globale des SARM était de 0,23/1.000 journées d’hospitalisation, soit une diminution de 64% depuis 2002 (contre 63 % en 2016), et même de 70% pour les seuls services de réanimation.

Par ailleurs, et pour la première fois depuis le début de la surveillance en 2002, la DI globale des EBLSE a diminué, passant de 0,71 à 0,67 EBLSE/1.000 journées d’hospitalisation entre 2016 et 2017. Pour autant, cette donnée, relative à l’ensemble des 1.311 établissements, suivait une courbe inverse pour les 858 établissements participant annuellement à la surveillance depuis 2013 : dans leur cas, l’augmentation se poursuit, avec 20% de plus depuis 2013 sur l’ensemble des séjours, et 8% de plus pour les seuls services de réanimation. Dans ce groupe de BMR, les Escherichia coli producteurs de BLSE restent les principaux contributeurs à l’incidence élevée des EBLSE, mais leur part relative est en baisse (54,0% contre 57,7% en 2016) du fait de l’augmentation de celle relative aux Klebsiella pneumoniae (26,8% vs 24,9%).

Paramètre inquiétant, les bactériémies à EBLSE continuent également à augmenter avec une DI de 0,083/1.000 journées d’hospitalisation, soit une bactériémie pour 8 cas d’EBLSE en 2017, contre 0,066/1.000 en 2016. Les bactériémies à K. pneumoniae BLSE et à E. cloacae sont elles aussi en augmentation depuis 2013. Les taux d’incidence des bactériémies à SARM restent, eux, en baisse, avec 0,031 cas pour 1.000 journées d’hospitalisation, soit une baisse de 20% depuis 2013.

Hétérogénéité territoriale

Le bilan 2017 met en évidence, comme chaque année, l’hétérogénéité territoriale de l’incidence des BMR SARM et EBLSE. Les auteurs soulignent la nécessité d’interpréter ces données avec prudence, étant donné l’hétérogénéité des typologies d’établissements participants selon les régions et du fait de la récente réforme de l’organisation territoriale. Ils reconnaissent toutefois que des politiques régionales de prévention de transmission croisée ou de bon usage des antibiotiques interviennent aussi dans les dynamiques observées.

In fine , le nombre annuel d’infections à SARM en France est évalué entre 19.000 et 32.000 pour l’année 2017, dont 3.900 à 5.500 bactériémies. Ceux relatifs aux infections à EBLSE et aux bactériémies associées seraient compris entre 47.000 et 95.000 et entre 6.100 et 11.200 respectivement.