Supplémentations vitaminiques : quelles preuves d’efficacité dans les rhumatismes inflammatoires chroniques ?

  • Nguyen Y & al.
  • Nutrients
  • 30 déc. 2020

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir

Une équipe française vient de réaliser une méta-analyse afin d’apporter un éclairage sur les preuves d’efficacité des supplémentations vitaminiques sur l’activité des rhumatismes inflammatoires chroniques : polyarthrite rhumatoïde (PR), spondyloarthrite (SpA) et rhumatisme psoriasique (Rhum Pso). 

Ses conclusions ne permettent pas de soutenir le bénéfice de ces supplémentations sur les poussées inflammatoires et l’activité de la maladie chez les patients souffrant de PR. 

Quant au bénéfice d’une supplémentation vitaminique chez les sujets souffrant de SpA ou de Rhum Pso, aucune étude l’évaluant n’a été identifiée. Cependant, certaines de ces vitamines sont prescrites avec d’autres objectifs chez les patients souffrant de rhumatismes inflammatoires chroniques, notamment pour prévenir les effets indésirables du méthotrexate en ce qui concerne l’acide folique ou pour prévenir les complications musculo-squelettiques liées à un déficit en vitamine D.

Pourquoi ces résultats sont importants ?

Les patients souffrant de rhumatismes inflammatoires chroniques se tournent souvent vers des supplémentations vitaminiques en complément d’un traitement conventionnel. Plusieurs pourraient présenter un intérêt, la vitamine D pour ses effets immunomodulateurs connus, la vitamine E pour son effet antioxydant, la vitamine K pour son action sur le métabolisme osseux.

Méthodologie

Une revue de la littérature a permis d’identifier les essais cliniques randomisés contrôlés incluant des patients souffrant de rhumatismes chroniques inflammatoires (PR, SpA, Rhum Pso) recevant une supplémentation vitaminique (vitamines A, B, C, D, E, K).

Principaux résultats

Sur 606 articles identifiés, 13 études ont été retenues pour les analyses qualitatives.

Parmi elles, quatre concernant une supplémentation en vitamine D, deux en vitamine E (400 mg et 600 mg deux fois par jour), deux en acide folique et une en vitamine K ont été incluses dans la méta-analyse. Toutes portaient sur des patients souffrant de PR.

Aucune étude randomisée et contrôlée ayant évalué l’intérêt d’une supplémentation vitaminique  chez les patients souffrant de SpA ou de Rhum Pso n’a été identifiée. Au total, 1.218 patients ont été inclus dans les analyses. 

Celles-ci ont mis en évidence que les supplémentations vitaminiques n’étaient associées ni à la réduction de l’activité (critères DAS-28 ou douleur), ni à la diminution des poussées inflammatoires chez les patients souffrant de PR. 

Limitations

Hétérogénéité des schémas de prise, des formes, des dosages et des critères d’inclusion et des suivis entre les études.