Supplémentation en vitamine D pendant la grossesse : faut-il des doses plus importantes ?


  • Fanny Le Brun
  • Actualités Médicales
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Les recommandations actuelles préconisent une supplémentation en vitamine D des femmes enceintes à la dose de 200 à 600 unités internationales/jour (UI/j), l’objectif étant de diminuer le risque de pré-éclampsie, de diabète gestationnel, de faible poids à la naissance et éventuellement d'hémorragie post-partum grave.

Une revue Cochrane a cherché à identifier si des doses de vitamine D supérieures à celles recommandées (≥ 601 UI/j) peuvent apporter des bénéfices supplémentaires et s'il existe des effets négatifs sur la santé lorsque l'utilisation dépasse la limite supérieure actuellement recommandée (4.000 UI/j).

Au total, cette revue a inclus des données provenant de 30 essais auxquels ont participé 7.289 femmes enceintes. Ces études comparaient des doses de vitamine D ≥ 601 UI/j versus ≤ 600 UI/j et ≥ 4.000 UI/j versus ≤ 3999 UI/j, seules ou en association avec du calcium ou d'autres vitamines, minéraux ou nutriments.

D’après les résultats de cette revue, une supplémentation en vitamine D ≥ 601 UI/j versus ≤ 600 UI/j  seule ou en association avec tout autre nutriment (19 essais ; 5.214 participantes) :

  • Pourrait faire peu ou pas de différence sur le risque de pré-éclampsie (RR : 0,96 [0,65-1,42] ; données de faible qualité),
  • Pourrait réduire le risque de diabète gestationnel (RR : 0,54 [0,34-0,86] ; données de qualité moyenne),
  • Pourrait faire peu ou pas de différence sur le risque de naissance prématurée (RR : 1,25 [0,92-1,69] ; données de faible qualité),
  • Pourrait faire peu ou pas de différence sur le risque de faible poids à la naissance (RR : 0,90 [0,66-1,24] ; données de très faible qualité).

De même, une supplémentation en vitamine D seule ≥ 4.000 UI/j versus ≤ 3 .999 UI/j (15 essais ; 4.763 participantes) pourrait ne faire que peu ou pas de différence sur :

  • Le risque de pré-éclampsie (RR : 0,87 [0,62-1,22] ; données de faible qualité),
  • Le diabète gestationnel (RR : 0,89 [0,56-1,42] ; données de faible qualité),
  • Les naissances prématurées (RR : 0,85 [0,64-1,12] ; données de faible qualité),
  • Le faible poids à la naissance (RR : 0,92 [0,49-1,70] ; données de faible qualité).

Concernant la tolérance, peu ou pas d’effets secondaires ont été rapportés et les effets indésirables de type hypercalcémie, hypocalcémie, hypercalciurie et hypovitaminose D ont été rapportés différemment dans la plupart des essais.

En conclusion, supplémenter les femmes enceintes avec des doses de vitamine D supérieures à celles actuellement recommandées pourrait réduire le risque de diabète gestationnel mais semble n’entraîner que peu ou pas de différence au niveau du risque de pré-éclampsie, de naissance prématurée et de faible poids à la naissance. En ce qui concerne l'innocuité, la supplémentation en vitamine D semble bien tolérée pendant la grossesse. Seize essais en cours viendront bientôt enrichir les connaissances sur ce sujet.