Supplémentation en fer intermittente chez la femme réglée : synthèse d’une revue Cochrane

  • Fernández-Gaxiola AC & al.
  • Cochrane Database Syst Rev
  • 31 janv. 2019

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

Selon une récente analyse Cochrane de la littérature, une supplémentation intermittente en fer (2 à 3 jours non consécutifs par semaine) permettrait aux femmes réglées non enceintes de réduire le risque d’anémie et d’améliorer la concentration en hémoglobine et en ferritine par rapport à l’absence de traitement ou par rapport à un placebo, avec un taux supérieur d’effets secondaires associés. Par ailleurs, la supplémentation intermittente permettrait d’atteindre un risque d’anémie et un taux d’hémoglobine identiques à ceux obtenus par le biais d’une supplémentation quotidienne en cure de 3 mois, avec un taux de ferritine sérique néanmoins inférieur. En revanche, la fréquence des effets secondaires serait moins importante sous supplémentation intermittente.

In fine , si le niveau de preuve reste limitée par de nombreuses études assorties d’une faible qualité méthodologique, il semble possible de proposer une supplémentation intermittente aux femmes réglées afin de limiter le risque d’anémie et d’améliorer les réserves de fer en alternative à une supplémentation quotidienne.  Les auteurs soulignent qu’aucune étude ne rapporte les données d’observance ou évalue la morbidité globale associée à la prise en charge.

Résultats versus traitement contrôle ou placebo

Toutes les études cliniques randomisées identifiées ont conclu à un bénéfice de la supplémentation intermittente orale (seule ou en association à d’autres apports minéraux ou vitaminiques) sur les différents critères d’évaluation disponibles :

  • diminution du risque d'anémie (risque relatif (RR) : 0,65 [0,49-0,87], 11 études, n=3135, faible qualité) ;
  • augmentation des taux d’hémoglobine (différence moyenne : 5,19 g/L [3,0-7,32, 15 études, n=2886, qualité moyenne) ;
  • augmentation des taux de ferritine (différence moyenne : 7,46 μg/L, [ 5,02-9,90], 7 études, n=1067, faible qualité) ;
  • réduction du risque de carence en fer (RR : 0,50 [0,24-1,04], 3 études, n=624, faible qualité).

Les femmes sous supplémentation intermittentes présentaient plus souvent des effets secondaires, comme une constipation ou des nausées (RR 1,98 [0,31-12,72], 3 études, n=630, qualité moyenne).

Résultats versus supplémentation quotidienne

Par rapport à la supplémentation quotidienne, la supplémentation intermittente orale (seule ou en association à d’autres apports minéraux ou vitaminiques) permettait d’obtenir :

  • un effet similaire sur le risque d’ anémie (RR 1,09 [0,93-1,29], 8 études, n=1749, qualité moyenne) ;
  • un effet similaire sur les taux d'hémoglobine (différence moyenne : 0,43 g/L [-1,44 à 2,31], 10 études, n=2.127, faible qualité) ;
  • une diminution du risque de carence en fer (RR 4,30, [0,56-33,20], 1 étude, n=198 participantes) ;
  • des concentrations de ferritine inférieures (différence moyenne : -6,07 μg/L [-10,66 à -1,48], 4 études, n=988, faible qualité).
  • des effets secondaires moins fréquents (RR 0,41 [0,21-0,82], 6 études, n=1.166, qualité moyenne).