Sujets VIH allogreffés : le rôle clé de la reconstitution immunitaire


  • Caroline Guignot
  • Actualités Médicales
L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte. L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte.

La guérison du VIH a été observée dans le monde chez trois patients infectés qui avaient reçu une allogreffe de cellules souches hématopoïétiques (ACSH) po ur une hémopathie maligne. Les donneurs à l’origine des trois cas de rémission étaient porteurs du génotype CCR5Δ32, un allèle qui rend le récepteur de chimiokines résistant à la fixation du VIH, elle-même nécessaire à son entrée dans la cellule. Cependant, tous les patients VIH qui suivent un traitement comparable ne bénéficient pas d’un tel pronostic: le virus n’est pas détectable post-greffe mais un rebond de la réplication virale peut être observé après plusieurs années en cas d’arrêt du traitement antirétroviral. Il est important de comprendre les facteurs cliniques, virologiques et immunitaires qui expliquent ces disparités de pronostic.

Le consortium ICISTEM, qui rassemble l’ensemble des patients VIH ayant bénéficié d’une ACSH, a mené une étude visant à décrire la dynamique de reconstitution immunitaire post-greffe chez 16 sujets, dont 5 ont reçu un greffon porteur de la mutation. Ils ont observé que la dynamique était lente et impliquait d’abord une forte activation des CD4 puis des CD8. Ainsi, les CD4 étaient activés plus précocement. Étant donné que des cellules CD4 du receveur peuvent persister quelques semaines à l’état résiduel chez le patient, il est possible que l’activation favorise l’infection de celles issues du donneur à partir des premières. Par ailleurs, les cellules CD8 spécifiques du VIH étaient initialement absentes mais étaient détectables après quelques semaines, suggérant une possible exposition à l’antigène viral à partir d’un réservoir cellulaire. Cette réponse pouvait persister plusieurs années, suggérant la présence d’un réservoir viral.

Ces données suggèrent donc qu’à défaut de barrière génétique (génotype CCR5Δ32), des immunothérapies complémentaires pourraient être développées pour favoriser la rémission des patients VIH ayant reçu une ACSH.