Sujets âgés : quels motifs vous incitent-ils à stopper les statines ?


  • Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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Si les statines forment une classe de médicaments incontournable dans la prise en charge des dyslipidémies, la balance-bénéfice risque reste une pierre angulaire de la décision thérapeutique, et peut inciter les praticiens à en stopper la prescription. Les médecins généralistes sont souvent en première ligne concernant la réévaluation de l’intérêt des statines chez leurs patients vieillissants. Or, les recommandations limitent généralement leurs préconisations concernant le sujet aux problèmes d’intolérance.

Des chercheurs ont décidé de mener une enquête internationale en ligne auprès des médecins généralistes de 30 pays, dont la France. Elle comportait huit vignettes cliniques décrivant des patients de 80 ans ou plus avec différentes présentations cliniques (antécédents, comorbidités, effets secondaires…). Les praticiens participants devaient indiquer le choix thérapeutique qu’ils envisageaient. Au total, 2.250 médecins (54% de femmes, 38% ayant plus de 20 années d’exercice, 50% pratiquant en zone urbaine) ont répondu.

L’espérance de vie, principal facteur prédictif d’arrêt

Si 46% des participants ont indiqué pouvoir envisager l’arrêt du traitement pour un patient dont l’espérance de vie n’était pas réduite, 90% disaient stopper les statines lorsque cette dernière était inférieure à 1 an.

L’analyse par régression logistique des réponses aux différentes vignettes a montré que la probabilité d’arrêter le traitement était supérieure lorsque le patient présentait une pathologie cardiovasculaire ( versus aucune, odds ratio ajusté ORa : 13,8 [12,6-15,1]) ou lorsqu’il présentait un évènement indésirable ( versus aucun, ORa 4,1  [3,8-4,4]) ou était considéré comme fragile (ORa : 4,1 [3,8-4,4]). Cependant, le paramètre le plus fortement prédictif d’un arrêt des statines était l’espérance de vie inférieure à 1 an (ORa 50,7 [45,5-56,4]).

La plupart des praticiens réduisaient les posologies ou changeaient de statines en cas d’effets secondaires, lorsqu’une pathologie cardiovasculaire était présente, alors qu’ils tendaient plus volontiers à arrêter les statines en l’absence de pathologie cardiovasculaire. Les auteurs de ce travail, rappellent que dans ce cas, les recommandations ne font dans ce cas pas de différence entre la prévention primaire et secondaire chez le sujet âgé, et préconisent un traitement à dose maximale tolérée ou par une autre statine.

Enfin, les variations inter-pays observées étaient parfois importantes et pourraient à la fois relever de perceptions différentes des statines et de la connaissance disparate des recommandations.

In fine, cet article souligne un peu plus la nécessité de proposer des recommandations claires afin d’aider les médecins généralistes à adapter leur prescription de statines chez les sujets âgés.