Suivre un régime méditerranéen réduirait le risque de DMLA de 41%

  • Merle BMJ & al.
  • Ophthalmology
  • 13 août 2018

  • de Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

  • Une bonne adhésion à un régime méditerranéen - riche en fruits, légumes, poissons, céréales et avec un ratio graisses monoinsaturées/saturées élevé – réduirait de 41% le risque de développer une dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA) avancée par rapport aux autres dans une population exempte de DMLA ou présentant une DMLA débutante.

  • Le risque calculé était du même ordre de grandeur, que l’analyse soit menée pour l’ensemble des cas de DMLA avancée ou en distinguant les formes atrophiques (“sèches”) des formes néovasculaires (“humides”), même si la significativité statistique n’était pas atteinte pour ces dernières, probablement par manque de puissance statistique.

  • Pour les auteurs, cette étude souligne un peu plus l’importance d’une alimentation équilibrée pour le vieillissement en bonne santé. Ils plaident pour un renforcement des messages de santé publique en ce sens.

Pourquoi cette étude a-t-elle été menée ?

Des données épidémiologiques ont suggéré que le risque de DMLA était associé à une forte consommation d’antioxydants. Cette association a fait l’objet de plusieurs études s’intéressant à l’influence du régime alimentaire, mais elles étaient pour la plupart menées de façon transversale. L’analyse des données issues de deux études prospectives européennes vise à conforter les preuves scientifiques quant à l’association entre risque de DMLA et adhésion à un régime méditerranéen.

Méthodologie

  • Le projet EYE-RISK est mené par un consortium de chercheurs européens. Dans ce travail, ils ont utilisé les données de deux études prospectives : (a) RS-I (Rotterdam Study I) dans laquelle des sujets de 55 ans ou plus ont été inclus entre 1990-93, puis ont été suivis médicalement et ont rempli des questionnaires alimentaires tous les deux ans jusqu’en 2011, et (b) Alienor (Antioxydants, LIpides Essentiels, Nutrition et maladies Oculaires), une étude française dans laquelle des sujets de 73 ans ou plus, inclus en 2006-08, ont été suivis médicalement et ont rempli des questionnaires alimentaires tous les deux ans.

  • L’analyse a été menée à partir des sujets ne pas présentant pas de DMLA ou une DMLA débutante à l’inclusion. L’adhésion au régime méditerranéen était évaluée à partir du score de diète méditerranéenne (MeDi 0–9 points) établi à partir des déclarations de consommation de 9 produits : fruits, légumes, végétaux, céréales, poisson, viande, produits laitiers, alcool, rapport entre les graisses monoinsaturées et les graisses saturées.

Principaux résultats

  • Parmi les 4.996 participants dont les données ont été analysées (4.446 de RS-I et 550 d’Alienor), respectivement 1556 et 38 ont développé une DMLA avancée au cours du suivi (après une durée moyenne de 9,9 et 4,1 ans respectivement).

  • Dans les deux cohortes, l’incidence de la maladie était inférieure parmi ceux qui avaient une bonne adhésion au régime méditerranéen (score MeDi élevé) : le hazard ratio (HR) était de 0,56 [0,33-0,96] pour RS-I et 0,48 [0.18-1.26] dans Alienor, par rapport à ceux qui avaient un score MeDi faible dans l’analyse univariée, soit un HR de 0,53 pour les deux études poolées [0,33-0,84], p=0,009). Cette association restait valide et significative après ajustement sur le sexe, l’apport énergétique total, le stade de la DMLA à l’inclusion, le niveau d’éducation, l’IMC, le tabagisme, le recours à une supplémentation minérale et vitaminique, le diabète et l’hypercholestérolémie (HRa 0,59 [0,37-0,95], p=0,04), ainsi qu’après ajustement supplémentaire sur les gènes CFH Y402H et ARMS2.

  • L’analyse distinguant la typologie de DMLA a montré que seule l’incidence de la DMLA atrophique était associée au score MeDi, et restait significative pour l’analyse poolée ou pour la seule étude RS-I (respectivement HRa 0,41 et 0,42, p significatifs), celle issue de l’étude Alienor étant voisine mais n’atteignant pas la significativité, probablement par manque de puissance statistique.

  • Enfin, aucun des 9 composants du score MeDi n’a pu être associé seul au risque d’incidence de la DMLA avancée.

Principales limitations

Les deux cohortes incluaient des sujets aux profils différents, et les sujets qui n’ont pu être inclus dans l’analyse présentaient des caractéristiques à l’inclusion différentes de celle des sujets pris en compte.