Suivi à distance des insuffisants cardiaques : les bénéfices peinent à se maintenir à 1 an

  • Koehler F et al.
  • The Lancet Digital Health
  • 12 déc. 2019

  • Par Agnès Lara
  • Résumé d’articles
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À retenir

  • L’essai TIM-HF2 était le premier à avoir montré les bénéfices d’un suivi à distance chez les patients atteints d’insuffisance cardiaque. Ce bénéfice avait été mesuré sur le pourcentage de jours perdus pour une hospitalisation pour cause cardiovasculaire ou sur la mortalité toutes causes au cours d’une première période de suivi de 12 mois.
  • L’avantage de l’intervention à distance non invasive (ou télé-intervention) s’est maintenu 12 mois après son arrêt, mais à la limite de la significativité, sur une période allant de l’inclusion à la fin de l’extension de suivi. En revanche, la différence n’était pas significative lorsque seule la période d’extension de suivi était considérée.
  • Ces résultats exploratoires incitent à approfondir les recherches pour déterminer la durée de télé-intervention idéale qui permettrait de réduire la morbimortalité dans cette population et dans la « vraie vie ».

 

 

TIM-HF2 : une réduction des journées d’hospitalisation pour cause cardiovasculaire et de la mortalité toutes causes

La télémédecine suscite un intérêt croissant pour les patients souffrant d’insuffisance cardiaque, permettant à la fois le suivi à distance de paramètres cliniques, l’éducation thérapeutique du patient, et in fine la réduction de la morbidité et de la mortalité. Mais la durée optimum d’un suivi non invasif à distance suscite encore des interrogations. L’étude multicentrique allemande The Telemedical Interventional Management in Heart Failure II (TIM-HF2) avait montré que le suivi à distance d’insuffisants cardiaques sur 12 mois permettait de réduire le nombre de jours perdus pour hospitalisation non planifiée pour une pathologie cardiovasculaire, ainsi que la mortalité toutes causes par rapport aux soins usuels. Cette intervention à distance comprenait la transmission de données patients quotidienne (poids, pression artérielle, fréquence cardiaque, etc.) par télémonitoring.

Le suivi a été poursuivi sur une durée de 12 mois supplémentaires pour voir si les bénéfices observés se maintenaient au-delà de l’arrêt de l’intervention à distance. Les résultats viennent d’être publiés dans le Lancet Digital Health.

Des bénéfices tout juste maintenus 12 mois après l’arrêt de l’intervention

Dans l’étude initiale, 765 patients avaient été affectés au groupe de suivi à distance et 773 au groupe soins usuels. En fin d’étude, 671 et 673 d’entre eux respectivement ont été jusqu’au bout de la période des 12 mois de suivi et sont entrés dans l’extension de suivi de 12 mois supplémentaires.

Au cours de cette période d’extension, aucune différence n’a pu être enregistrée entre les deux groupes concernant le pourcentage de jours perdus pour une hospitalisation non planifiée en raison d’un problème cardiovasculaire ou de mortalité toutes causes (5,95% [4,59-7,31] dans le groupe d’intervention à distance vs 6,64% [5,19-8,08] dans le groupe soins usuels), avec un rapport de risque (RR) de 0,97 ([0,78-1,21], p=0,82).

En revanche, lorsque la mesure était réalisée depuis l’inclusion au sein de la première étude et jusqu’à la fin de l’extension, ces chiffres étaient respectivement de 9,28% [7,76-10,81] et de 11,78% [10,08-13,49], montrant une réduction juste significative en faveur de l’intervention à distance (RR 0,79 [0,62-1,00], p=0,0486).