Suivi à 2 ans de l’innocuité et de l’efficacité du benralizumab dans l’asthme sévère éosinophilique non contrôlé

  • Busse WW & al.
  • Lancet Respir Med
  • 1 janv. 2019

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

L’étude d’extension BORA montre que le benralizumab, administré pendant 2 ans, présente un profil d'innocuité et de tolérance similaire à celui observé dans les études cliniques randomisées précédentes, d’une durée de 1 an (SIROCCO et CALIMA). Par ailleurs, elle confirme que le traitement permet de réduire le nombre d’éosinophiles à long terme, sans conséquence indésirable, avec le maintien de son efficacité (symptômes, taux d'exacerbation, fonction pulmonaire).

Pourquoi cette étude a-t-elle été menée ?

  • Le benralizumab est un anticorps monoclonal qui se lie au récepteur de l’IL-5Rα exprimé à la surface des éosinophiles et des basophiles, dont il favorise l’apoptose par cytotoxicité cellulaire, permettant de réduire l’inflammation éosinophilique.

  • Les études SIROCCO, CALIMA et ZONDA ayant évalué l’efficacité du benralizumab chez les patients âgés de 12 à 75 ans souffrant d’asthme grave non maîtrisé ont montré une réduction significative des exacerbations et une amélioration de la fonction pulmonaire et de la numération d'éosinophiles par rapport au placebo.

  • BORA est un essai d'extension de phase 3 dans laquelle tous les patients ayant participé et terminé les études précédentes étaient éligibles. L’objectif était de mieux connaître la sécurité et l’efficacité à long terme du médicament.

Méthodologie

Une nouvelle randomisation (1:1) a été réalisée pour répartir les patients entre un traitement de 30 mg de benralizumab toutes les 4 semaines ou 8 semaines. Les adultes ont été traités pendant 56 semaines et les adolescents pendant 108 semaines. Seules les données relatives aux patients des études SIROCCO et CALIMA ont été intégrées dans cette publication.

Principaux résultats

  • L’analyse a été menée à partir d’une cohorte de 1.576 patients répartis entre les deux bras de traitement.

  • Le pourcentage de patients ayant eu un événement indésirable (EI, 65–71% selon le groupe) et celui des évènements indésirables graves (EIG, 2–3%) était comparable à celui qui a été observé dans les bras benralizumab des études SIROCCO et CALIMA

  • La fréquence des EI, des EIG et des EI ayant conduit à l’arrêt du traitement était la même dans les deux groupes, et quel que soit le traitement reçu au cours de l’étude clinique précédente (placebo ou benralizumab) : ces chiffres étaient respectivement compris entre 65 et 71%, 10 et 11% et 2 à 3%.

  • Les EI les plus fréquents étaient les infections virales des voies respiratoires supérieures (14 à 16%) et l’aggravation de l’asthme (7 à 10%). Les EIG les plus fréquents étaient l'aggravation de l'asthme (3 à 4%) et la pneumonie (

Au total, 72% des 1.046 patients présentant un nombre d’éosinophiles 300/μL n’ont pas présenté d'exacerbation au cours de BORA. Le taux d'exacerbation de l'asthme était de 0,53 (0,43 à 0,65 ; groupe Q4W) ou de 0,67 (0,47 à 0,68 ; groupe Q8W) chez les patients sous placebo des études SIROCCO et CALIMA, contre 0,48 (IC à 95% : groupe de 0,42 à 0,60 ; groupe Q4W) et 0,46 (groupe de 0 à 39-5,55 ; groupe Q8W) pour ceux qui avaient alors reçu le benralizumab. Le nombre cumulé de nouvelles exacerbations est resté constant au cours du temps et pour ceux ayant déjà reçu le benralizumab, les fréquences et les taux d'exacerbation ont été maintenus durant toute la durée de l’étude. Au total, 37 (4%) des patients ont nécessité une hospitalisation pour exacerbation, comme dans SIROCCO et CALIMA.