Suite aux annonces d'Emmanuel Macron contre la propagation du nouveau coronavirus, le gouvernement annonce l'interdiction des rassemblements de plus de 100 personnes


  • Caroline Guignot
  • Actualités Médicales
L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte. L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte.

[EDIT] Ce midi, le premier ministre Edouard Philippe a annoncé que la limite des rassemblements autorisés est abaissée de 1.000 à 100 personnes dès maintenant, la signature de l'arrêté devant avoir lieu très prochainement.

 

Ce jeudi soir, Emmanuel Macron a tenu une allocution télévisée afin d’annoncer de nouvelles mesures de lutte contre ce que l’ OMS qualifie désormais de pandémie  et que le chef de l’État a désigné dès son introduction comme étant la «  plus grave crise sanitaire qu’ait connue la France depuis un siècle  ». Rappelons qu’hier soir, le bilan de l’épidémie était de 2.876 cas confirmés, 129 personnes placées en réanimation et 61 personnes décédées.

Reconnaissant que «  nous ne sommes qu’au début de cette épidémie  », et afin de continuer à freiner la propagation du virus, il a annoncé une série de mesures :

- fermeture «  dès lundi et jusqu’à nouvel ordre  », des crèches, écoles, collèges, lycées et universités. «  Un service de garde sera mis en place région par région, pour que les personnels indispensables à la gestion de la crise sanitaire puissent faire garder leurs enfants.  »

- sur le plan de l’activité économique, des recommandations concernant le télétravail, des mesures économiques «  exceptionnelles et massives  » concernant notamment le chômage partiel et le paiement des cotisations du mois de mars, sans justification, par les entreprises et les indépendants, ont été annoncées, le gouvernement préparant parallèlement un plan de relance économique national et européen.

- maintien des transports en commun mais appel à chacun à limiter ses déplacements au strict nécessaire, trêve hivernale reculée de deux mois, mesures pour limiter au maximum les rassemblements.

Sur le plan sanitaire :

- le chef de l’État a rappelé la recommandation aux personnes de plus de 70 ans et à celles souffrant de maladies chroniques, de troubles respiratoires, ou en situation de handicap, de rester autant que possible à domicile, en limitant leurs sorties au strict nécessaire. Cette préconisation, déjà évoquée par le ministre de la santé, va de pair avec les  mesures d’interdiction des visites dans les Ehpad et unités de soins longue durée  prises la veille.

- Il a indiqué que le gouvernement prendra «  des mesures très fortes pour augmenter massivement les capacités d’accueil à l’hôpital  », arguant plusieurs fois de la capacité du gouvernement à faire face à l’enjeu sanitaire «  quoi qu’il en coûte  ». Les soins non essentiels seront reportés.

- Il a ajouté que le «  ministère de la santé aura l’occasion de préciser les règles pour bien protéger [les professionnels de santé] contre le virus, elles seront claires et proportionnées pour chacun.  »

- Sur le plan de la recherche, il a rappelé que plusieurs programmes européens sont en cours pour «  produire des diagnostics rapides, performants et efficaces  », et que des protocoles de traitement sont actuellement en cours d’évaluation à Paris, Marseille ou Lyon, qui pourraient aboutir à des évolutions dans les prochaines semaines en attendant, à plus long terme,  la mise au point d’un vaccin . «  Notre recherche est au rendez-vous, je continuerai de l’intensifier.  »

Les professionnels et le système public de santé salués

Le chef de l’État a, à maintes reprises, salué le dévouement et l’engagement des professionnels de santé hospitaliers et de ville, «  ces héros  » mobilisés depuis le début dans la gestion de cette nouvelle épidémie, évoquant aussi l’engagement des étudiants et retraités de la santé dans les Samu- Centre 15.

Le chef de l’État a particulièrement insisté sur la «  confiance dans la science  » et l’importance de celle-ci dans la façon de guider l’action du gouvernement, rappelant la mise en place cette semaine  d’un comité scientifique national de suivi  constitué d’experts. 

«  Beaucoup des changements auxquels nous sommes en train de procéder seront gardés, parce que nous apprenons beaucoup de cette crise, avec nos soignants, formidables d’innovations  » a-t-il insisté, pour en tirer «  un système de santé plus fort  ». «  Je sais ce qu’ils ont déjà fait, et ce qu’il leur reste à faire  » a-t-il reconnu.

«  Le gouvernement mobilisera tous les moyens financiers nécessaires pour porter assistance, prendre en charge et sauver des vies  » a conclu Emmanuel Macron : «  il faudra tirer les leçons du modèle de développement dans lequel s’est développé notre monde ces dernières décennies (...). La santé gratuite, sans condition de revenus, de parcours ou de profession, notre Etat providence, ne sont pas des coûts ou des charges, mais un bien précieux, un atout indispensable.  », rappelant que comme l’alimentation ou la protection, la santé fait partie des «  biens et des services qui doivent être placés hors des lois du marché (…) Les prochaines semaines nécessiteront des décisions de rupture en ce sens.  » De quoi attiser l’attention aiguë des professionnels sur les moyens qui leur seront alloués pour faire face à la crise et poursuivre leurs missions...