Stimulation magnétique transcrânienne : une option thérapeutique possible dans le tremblement fonctionnel

  • Taib S & al.
  • Mov Disord
  • 10 juin 2019

  • Par Agnès Lara
  • Résumé d’articles
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À retenir

Chez les sujets souffrant de tremblements fonctionnels, la stimulation magnétique transcrânienne répétée (SMTr) permet de réduire de façon significative la sévérité des symptômes moteurs et des tremblements à 1 mois (score PMDRS et sous-score des tremblements). Cette réduction apparaît également dans le groupe ayant suivi des procédures contrôles, mais de façon non significative. Les bénéfices se maintiennent sur la durée  à 2, 6 et 12 mois dans le groupe intervention, alors que les symptômes reviennent à leur niveau initial dans le groupe contrôle. Une évolution qui ne peut être justifiée par des changements de l’humeur ou de l’anxiété selon les auteurs. Ces résultats suggèrent que la STMr pourrait réduire l’excitabilité du cortex moteur en induisant un effet synaptique dépresseur durable. Mais le décryptage de ce mécanisme devra faire l’objet d’études ultérieures.

Pourquoi cette étude a-t-elle été réalisée ?

Le tremblement fonctionnel ou psychogène se caractérise par un début brutal, souvent dans un contexte émotionnel, et disparaît lorsque la personne est distraite. Il apparaît fréquemment chez des sujets ayant des troubles psychologiques ou de somatisation. Une prise en charge combinant des approches psychologiques et physiques est généralement efficace, mais ne peut être mise en œuvre que dans les grands centres. Certains essais ont suggéré que la SMT pouvait améliorer les symptômes. Cependant l’existence de faiblesses méthodologiques n’a pas permis de conclure de façon certaine. Une équipe toulousaine s’est donc attachée à évaluer les bénéfices de cette méthode en comparant l’effet de SMT répétées (SMTr) à une procédure factice.

Méthodologie 

Cette étude pilote contrôlée randomisée a inclus des sujets adultes avec tremblement fonctionnels isolés ou associés à d’autres mouvements anormaux pour recevoir des SMTr (1Hz, 90%, 1 séance quotidienne durant 5 jours) ou des procédures factices avec une évaluation des symptômes moteurs à 1 et 2 mois sur la Psychogenic Movement Disorder Rating Scale allant de 0 à 128 points(PMDRS, critère principal). Puis une seconde phase de l’étude réalisée en ouvert à partir du 3mois a évalué l’intérêt d’associer des séances d’hypnose à la SMTr pour en prolonger les effets (1 séance hebdomadaire de chaque durant 3 semaines dans les 2 groupes). Et une évaluation était réalisée à 6 et à 12 mois.

Résultats 

  • Au final, 18 patients ont été inclus et randomisés (8 hommes et 10 femmes). Leurs tremblements concernaient les bras (n=16) ou les jambes (n=4). Ils étaient isolés (n=10) ou associés à d’autres mouvements anormaux (n=14). 
  • Un mois après le début de l’intervention, le score PMDRS a été réduit dans les deux groupes de 11,7 points dans le groupe intervention et de 4,9 points dans le groupe contrôle, mais la réduction par rapport à l’inclusion n’était significative que dans le premier groupe (p=0,0004). et le sous-score concernant les tremblements avaient
  • Ces résultats étaient maintenus à 2 mois (pe mois dans le groupe contrôle et se maintenaient à ce niveau par la suite.
  • Par ailleurs, les scores d’anxiété et de dépression (HAD et HDRS) sont restés stables sur toute la durée de l’étude dans les deux groupes et n’ont donc pas pu influer sur les résultats. Le profil de l’étude n’a pas permis d’évaluer la contribution de l’hypnose.

Limites

Petite taille de l’échantillon.

Intervalle insuffisant entre les deux phases de l’étude qui n’a pas permis de mesurer la rémanence de l’effet lié à la STMr seule.