STEMI : de nouvelles pistes pour améliorer la survie précoce des patients français

  • Duband B & al.
  • Medicine (Baltimore)

  • Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte. L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte.

À retenir

Selon l’analyse des données du registre français France PCI, plusieurs leviers existent pour améliorer le pronostic à 30 jours des personnes ayant eu une angioplastie coronaire pour infarctus du myocarde avec élévation du segment ST (STEMI) :

  • Parmi les facteurs modifiables identifiés, figurent les délais de prise en charge et le temps ischémique total. Le fait qu’un délai plus court soit associé à un moins bon pronostic s’explique par le fait que les les patients pris en charge le plus rapidement sont ceux qui sont cliniquement plus sévères (score Killip <1).

  • Certains patients parmi les plus fragiles pourraient être mieux sensibilisés aux réflexes d’urgence en cas de signes d’appel coronaires.

Une meilleure prise en charge préhospitalière, telle que préconisée dans les recommandations, semble aussi nécessaire pour près d’un patient sur 5. Le sexe féminin n’apparaît pas en revanche comme un facteur pronostique péjoratif dans ce travail.

Ces résultats mettent en lumière différents leviers qui pourraient aider à améliorer le pronostic des personnes souffrant de STEMI.

Pourquoi est-ce important ?

Malgré l’amélioration de la prise en charge aiguë des STEMI, la mortalité à 1 mois reste comprise entre 4 et 5% en France. L’exploitation du registre France PCI est utile pour comparer dans le même temps l’influence des facteurs modifiables et non modifiables sur le pronostic des patients ayant bénéficié d’une coronarographie urgente pour intervention coronaire percutanée.

Méthodologie

France PCI est un registre qui a inclus toutes les personnes qui ont eu une coronarographie avec ou sans intervention percutanée depuis 2014. Dans cette étude, ont été incluses seulement celles qui ont été admises pour STEMI dans les 24h après le début des symptômes et issues de 6 centres des régions Centre Val de Loire et Auvergne Rhône Alpes.

Principaux résultats

Au total, ont pu être inclus dans l’analyse  2.590 des 2.752 patients admis dans les 24 heures suivant un STEMI à partir du registre comprenant 47.243 patients ayant eu une coronarographie entre janvier 2014 et décembre 2016. Le délai médian de prise en charge a été de 69 minutes et le temps d’ischémie total médian était de 235 minutes. Pour 17,8% d’entre eux, aucune prémédication appropriée n’a été administrée.

Après avoir conduit une analyse univariée sur l’ensemble des paramètres sociodémographiques, médicaux et d’organisation de la prise en charge, les chercheurs ont pu mener une analyse multivariée : le fait d’être âgé de plus de 80 ans, d’être atteint d’une maladie rénale chronique ou d’un diabète étaient significativement associés à des chances de survie à 30 jours moins élevées avec des hazard ratios ajustés respectifs de 2,7 [ 1,5-4,7], 5,3 [2,6-11. 1] et 1,6 [1,0-2,5]). De même, avoir un score Killip de 2, 3 ou 4 était associé à un HRa de 3.4 [1,9–5,9], 10,1 [5,3-19,4] et 18 [10,8-29,8] respectivement.

Parallèlement, un temps d’ischémie total >3 heures (HR 1,8 [1,1-3,0]), l'absence de prémédication appropriée (2,2 [1,5-3,3]) et un score pronostic (score TIMI) post-PCI <3 (HR 4,9 [3,2-7,6]) étaient aussi significativement associés à une moins bonne survie à 30 jours