Stéatose hépatique non alcoolique : pourquoi une telle progression ?


  • Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles

À retenir 

  • L’incidence de la stéatose hépatique non alcoolique (NAFLD pour non alcoholic fatty liver disease) continue à augmenter à travers le monde. Il faudra attendre environ 10 à 15 ans avant que sa prévalence ne commence à diminuer.
  • Cette pathologie est une manifestation du syndrome métabolique. Or, tant que l’obésité et le diabète augmenteront, les atteintes du spectre des NAFLD (stéatose métabolique, fibrose hépatique, cirrhose hépatique, morbi-mortalité hépatique) augmenteront parallèlement.
  • Malheureusement à ce jour, l’absence de recommandations sur sa prise en charge, le manque d’informations des médecins généralistes sur les complications liées à cette pathologie et l’absence de traitement curatif contribuent à son émergence.

Quelques données épidémiologiques

Au niveau mondial, la prévalence des NAFLD diagnostiquées par imagerie serait de 25% et la stéatohépatite non alcoolique (NASH pour non alcoholic steatohepatitis) de 3-4%. La prévalence de la NAFDL serait de 24% aux États-Unis, 23% environ en Italie, 34% aux Pays-Bas, 23% en Hongrie et 41% en Finlande. Cette prévalence serait supérieure au Royaume-Uni (46,2%) par rapport à l'Allemagne (30%) ou l'Espagne (25,8%).

Quels sont les facteurs de risque associés à la NAFLD ?

  • Les mauvaises habitudes alimentaires et la sédentarité sont toutes deux associées au risque de NAFLD. L’alimentation occidentale caractérisée par une consommation élevée de viande rouge, de céréales raffinées, de pâtisseries et de boissons sucrées, est plus souvent associée au risque de syndrome métabolique, alors qu’une alimentation riche en céréales complètes, fruits, légumes, légumineuses et poisson (type alimentation méditerranéenne), aurait un effet bénéfique.
  • L’obésité (IMC>30 kg/m2) serait fortement associée au risque de NAFLD, en atteste une prévalence de NAFLD de 80% chez les sujets obèses versus 16% chez les sujets ayant un IMC normal et sans facteur de risque métabolique.
  • Une proportion conséquente de patients diabétiques de type 2 développent une NASH conduisant à des complications de type cirrhose ou carcinome hépatocellulaire. 
  • La présence d’une apnée du sommeil pourrait favoriser le développement de la NAFLD ainsi que la progression de la NASH et de la fibrose.
  • Certains variants génétiques ont également été récemment associés au risque de NAFLD. 

Conséquences à long terme de la NAFLD

  • Les pathologies du spectre de la NAFLD altèrent les métabolismes glucidique et lipidique au niveau hépatique, conduisant à une augmentation significative de la prévalence et de l’incidence des maladies cardiovasculaires, des maladies rénales chroniques et du diabète de type 2. 
  • Certaines données observationnelles suggèrent une augmentation de la prévalence et de l’incidence des adénomes et des cancers colorectaux chez les sujets souffrant de NAFLD. Mais des études prospectives sont nécessaires pour mieux identifier ces associations.
  • Une détérioration de l’homéostasie osseuse est fréquemment observée chez les patients souffrant de NAFLD, sans compréhension réellement solide de la physiopathologie en jeu pour l’instant. 
  • Les NAFLD/NASH sont devenues les causes principales de cancer hépatocellulaire aux États-Unis où un récent rapport a indiqué que la NASH constituait l’une des principales causes de demande de transplantation hépatique. 
  • Les conséquences économiques liées à ces différentes atteintes sont importantes.

Quid des recommandations et traitements ?

Il faut constater que les médecins généralistes sont généralement insuffisamment formés pour ces pathologies. Les recommandations émanant de sociétés savantes internationales manquent, tout comme les traitements curatifs. De fait, la prévention par une alimentation saine et équilibrée et la pratique d’une activité physique régulière constituent les seuls leviers pour enrayer ce fléau.