Statut vaccinal inconnu ou incomplet : que faire ?

  • 29 déc. 2020

  • Marie Torre
  • Actualités Médicales
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Toute consultation, et notamment les consultations clés (grossesse, scolarité, université, embauche…), peuvent être l’occasion de vérifier le statut vaccinal des patients et d’initier un rattrapage si nécessaire. (1,2)

 

Lutter contre les idées reçues

En cas de vaccination incomplète, il ne faut pas repartir de zéro. Chaque dose de vaccin déjà administrée (même il y a longtemps) compte, à condition que l’âge minimal, l’intervalle minimal entre les doses et la dose d’antigène recommandée pour l’âge aient été respectés. Une dose administrée à un intervalle trop rapproché de la dose précédente ne sera pas retenue. A l’inverse, une dose administrée à un intervalle trop long sera tout de même prise en compte.

Lorsque le statut vaccinal est inconnu ou incertain, il n’est pas dangereux d’administrer un vaccin à une personne déjà immunisée contre cette maladie. Une réactogénicité accrue en cas d’administration de doses excédentaires de vaccins contre le tétanos ou contre la diphtérie est éventuellement possible, mais reste peu fréquente et n’entraine pas de complication.

Les contre-indications médicales définitives à la vaccination sont extrêmement rares :

  • Allergie grave lors d’une précédente injection d’un vaccin,
  • Syndrome de Guillain Barré dans les 6 semaines qui suivent l’administration d’un vaccin,
  • Pour les vaccins vivants atténués, une immunodépression congénitale ou acquise,
  • Pendant la grossesse, les vaccins vivants ROR, BCG ou contre la varicelle.

Une maladie fébrile (> 38°) ou une infection aiguë modérée à sévère ne contre-indique pas la vaccination, mais peut la différer de quelques jours.

 

Le rattrapage en pratique

Pour chaque valence, il convient de déterminer le nombre de doses que l’individu aurait dû recevoir. Puis, un programme de rattrapage doit être établi en privilégiant au début les vaccins contre les maladies infectieuses invasives et/ou ceux nécessitant plusieurs doses. Si le patient est susceptible de ne pas être revu, il est préférable de réaliser un maximum de vaccinations au cours d’une consultation unique.

Les vaccins combinés sont à privilégier. Lors d’une consultation, jusqu’à 4 injections peuvent être faites sur des sites différents, espacés d’au moins 2,5 cm. A noter, après une vaccination BCG, aucun vaccin ne doit être injecté sur le même membre pendant 3 mois.

Tous les vaccins peuvent être administrés le même jour. Seule l’administration concomitante des vaccins ROR et contre la fièvre jaune doit être évitée. Entre vaccins vivants différents, un délai de 4 semaines doit être respecté s’ils ne sont pas administrés le même jour.

Les seules sérologies recommandées en situation de rattrapage concernent l’hépatite B et le tétanos, afin d’éviter l’injection inutile de vaccin. Avant vaccination, en cas d’exposition à risque du patient vis-à-vis de l’hépatite B, une sérologie complète (AgHBs, Ac antiHBs, Ac antiHBc) peut être réalisée, si nécessaire avec un dépistage VIH et VHC. Après vaccination (4 à 8 semaines après la première dose), un dosage des anticorps antitétaniques ou antiHBs doit être réalisé. Si la réponse à cette dose unique est conséquente (réponse anamnestique, avec anticorps tétaniques supérieurs à 1 UI/ml ou anticorps antiHBs supérieurs à 100 UI/l), on considérera que le patient avait été correctement vacciné : la prochaine dose sera administrée selon le calendrier vaccinal en vigueur. Si la réponse est faible (anticorps tétaniques inférieurs à 1 UI/ml ou anticorps antiHBs inférieurs à 100 UI/L), on considérera que la vaccination n’avait pas été faite, ou de façon incomplète : le rattrapage vaccinal doit être poursuivi.

Les autres sérologies ne sont pas recommandées dans le cadre d’un rattrapage, hormis dans des situations particulières : hépatite A dans certains cas, varicelle pour les femmes en âge de procréer sans antécédent de varicelle.