Statines : un patient sur deux n’atteint pas les objectifs de réduction de LDL-c

  • Akyea RK & al.
  • Heart
  • 15 avr. 2019

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

Une étude britannique prospective en population montre que, en pratique courante, 51,2% des personnes traitées par statines en prévention primaire atteignent la réduction du taux de LDL-c préconisée par les recommandations (-40 % selon le NICE) après deux ans de traitement. Au cours du suivi, cette réponse insuffisante se traduit en une augmentation du risque de complications cardiovasculaires, par rapport à ceux atteignant les objectifs. Ainsi, cette étude confirme l’écart existant entre les données d’études pivots et celles obtenues en routine.

Pourquoi cette étude est-elle intéressante ?

On sait qu’en dehors de l’observance, la réponse aux statines dépend de variables inter-individuelles, à la fois biologiques et génétiques. Or, il existe peu d’études s’étant penchée sur la variation du taux de LDL-c dans la population générale traitée en prévention primaire par statines.

Méthodologie

Les données issues de soins de santé primaires ont été extraites de l’ UC Clinical Practice Research Datalink (CPRD) ainsi que des données hospitalières et de décès.

L’étude a été menée auprès des patients adultes sans antécédents personnels d’événements cardiovasculaires, traités pour la première fois par statines après 2 mesures consécutives montrant un taux de LDL-c élevé et pour lesquels une mesure de LDL-c à 24 mois suivant l’initiation était disponible. Les évènements cardiovasculaires survenus au moins 2 ans après le début du traitement ont été recensés.

Principaux résultats

  • Au total, 165.411 patients ayant entamé un traitement par statine ont été inclus dans l’analyse (62,4 ans et 48,6% de femmes), dont 51,2% ont présenté une réponse LDL-c sous-optimale 24 mois après le début du traitement. La durée médiane de suivi était de 5,9 ans pour ces derniers, contre 6,5 ans pour les répondeurs.

  • Au cours du suivi de 1.077.299 années-patients, 22.798 événements cardiovasculaires ont été recensés, soit respectivement 22,6 et 19,7 évènements pour 1.000 années-patients dans les groupes mauvais répondeurs et répondeurs.

  • Ainsi, les mauvais répondeurs avaient un risque d’événement cardiovasculaire majoré : le hazard ratio ajusté était de 1,22 [1,19-1,25], p

  • Chez les mauvais répondeurs, toute diminution de 1 mmol/L de LDL-c était associée à celle du risque d’évènement cardiovasculaire (odds ratio 0,94 [0,91-0,98]). Pour les répondeurs, la diminution du risque pour chaque mmol/L de LDL-c était supérieure (OR 0,87 [0,84 -0,90]). Ceci était retrouvé pour les différents évènements pris isolément.

Principales limitations

L’observance n’était pas connue.