Statines et risque d’hémorragie intracrânienne : une histoire de temporalité !

  • Åsberg S & al.
  • Int J Stroke
  • 1 oct. 2015

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

Une étude menée sur plus de 500.000 individus, publiée dans E Clinical Medicine suggère qu’un traitement par statines ne modifierait pas le risque d’hémorragie intracrânienne dans les 6 premiers mois post-initiation chez les sujets n’ayant pas d’antécédent d’AVC. En revanche, le suivi de cette même cohorte sur 10 ans montre que ce risque diminuerait sous statines de 22 à 35% au-delà de cette première période de 6 mois. Ainsi, ces résultats suggèrent que l’administration de statines chez les patients sans antécédent d’AVC réduirait le risque d’hémorragie intracrânienne au long terme.

Pourquoi cette étude a-t-elle été menée ?

Les résultats de l’étude SPARCL qui ont suggéré que l’administration de statines chez des  individus ayant un antécédent d’AVC augmentait le risque d’AVC ischémique, n’ont pas été confirmés par deux méta-analyses, ni par une étude de registre de large envergure. Par ailleurs les risques associés à l’administration de statines chez des individus sans antécédent d’AVC n’est pas clair du fait d’études menées sur de trop petites populations. 

Méthodologie

Cette étude populationnelle est basée sur les données de cinq registres danois. Pour être inclus, les sujets devaient être indemnes d’AVC et avoir initié un traitement par statines entre 2004 et 2013. Ces sujets ont été appariés (1:5) avec des individus non utilisateurs de statines. Tous les participants ont été suivis durant 10 ans. 

Principaux résultats

Au total, 519.894 sujets ont été inclus dans les analyses. Durant les 10 années de suivi, 1.409 hémorragies intracrâniennes ont été notifiées chez les utilisateurs de statines (soit 0,25% versus 0,30% chez les non-utilisateurs). Ainsi, après ajustement aux facteurs socio-démographiques et aux comorbidités, le risque global d’hémorragie intracrânienne était diminué de 25% sous statines au cours des 10 années de suivi (hazard ratio ajusté (HRa de 0,85 [0,80-0,90]) par rapport aux non-utilisateurs. D’autres ajustements sur les autres traitements pouvant modifier le risque d’hémorragie (ex. anti-hypertenseurs, agents antiplaquettaires) n’ont pas modifié le risque d’hémorragie intracrânienne sous statines. 

Quelques nuances ont été apportées en fonction de la durée d’utilisation des statines. En effet, le risque d’hémorragie intracrânienne s’est révélé être similaire chez les utilisateurs et non-utilisateurs de statines les 6 premiers mois après initiation. En revanche, les utilisateurs de statines, eux, avaient 22 à 35% moins de risque de développer une hémorragie intracrânienne durant toute la durée de l’étude :  HRa90-180 jours 0,98 [0,80-1,21], HRa180-365 jours 0,65 [0,55-0,78], HRa1-2 ans 0,78 [0,69-0,90], HRa2-10 ans 0,72 [0,66-0,78].

Principales limitations

Comme toute étude observationnelle, tous les facteurs confondants peuvent ne pas avoir été considérés.

Financement

Fondation Novo Nordisk.