Stages ambulatoires : un levier pour l’installation des jeunes médecins généralistes ?


  • Fanny Le Brun
  • Actualités Médicales
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En France, le nombre de médecins n’a jamais été aussi élevé et pourtant, le nombre de généralistes ne cesse de diminuer. L’installation des jeunes généralistes et leur répartition dans les territoires est donc un enjeu majeur pour l’accès aux soins : il est important de trouver des solutions pour les inciter à s’installer durablement dans tous les territoires.

C’est dans cette optique que l’ISNAR-IMG (Inter Syndicale Nationale Autonome Représentative des Internes de Médecine Générale) a mené une enquête pour évaluer l’influence des stages réalisés au cours du DES (Diplôme d’Etudes Spécialisées) sur l’installation des jeunes médecins. Cette enquête est basée sur un questionnaire qui a été diffusé auprès des internes et anciens internes en Médecine Générale, du 1 er juillet au 1 er novembre 2018. Les questionnaires ont ensuite été répartis en 2 groupes :

  • Un premier groupe composé de 1448 internes de Médecine Générale dont l’internat était toujours en cours ou dont la thèse n’était pas encore obtenue (746 étaient encore en TCEM3 et 702 avaient fini leur internat sans avoir soutenu leur thèse).
  • Un deuxième groupe composé de 1008 répondants thésés ayant fini leur internat (327 répondants non installés et 681 répondants installés).

Les résultats de cette enquête montrent que la formation peut être un réel levier pour favoriser et accélérer les installations dans tous les territoires. Notamment, le SASPAS (Stage Ambulatoire en Soins Premiers en Autonomie Supervisée) se révèle être un véritable tremplin vers l’installation.

Créé en 2003, le SASPAS n’est devenu obligatoire qu’au moment de la Réforme du Troisième Cycle des études médicales en novembre 2017. Ce stage permet à l'interne une mise en autonomie supervisée progressive pour découvrir pleinement l'exercice de la Médecine Générale ambulatoire.

Plusieurs enquêtes avaient déjà montré un lien significatif entre la réalisation de stages ambulatoires et l’installation, mais la nouveauté de cette étude est la mise en évidence d’un impact de la réalisation du stage SASPAS à la fois sur le type d’activité, le lieu choisi pour l’exercice et le délai d’installation. Ainsi, 90% des internes en cours de DES qui ont réalisé un SASPAS projettent de s’installer et près de 75% des jeunes généralistes installés dans les moins de 14 mois suivant la fin du DES avaient réalisé au moins un SASPAS. Cette tendance s’explique probablement par l’opportunité que donnent ces stages ambulatoires de créer et perfectionner un projet professionnel et de commencer à construire un réseau. Les jeunes et futurs généralistes s’installent dans des exercices et des zones qu’ils connaissent : il est donc indispensable de les leur faire découvrir. Ainsi, plus de la moitié des jeunes généralistes qui avaient réalisé un SASPAS en zone rurale s’y sont installés.

Ces résultats doivent encourager la poursuite du développement de la maîtrise de stage ambulatoire, en gardant à l’esprit que la formation des internes doit laisser la place à la richesse des types d’exercice : ambulatoire, hospitalier et mixte.