SSR des moins de 80 ans : expérience d’une structure généraliste pilote


  • Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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Messages principaux

  • Un service pilote de soins en soins de suite et de réadaptation (SSR) accueillant des moins de 80 ans polypathologiques dresse un bilan d’un an d’activité : il apparaît que les patients admis sont majoritairement sévèrement atteints et socialement défavorisés. Dans la majeure partie des cas, le séjour -d’une durée supérieure à 100 jours le plus souvent- permet de résoudre les problèmes médicaux ayant motivé l’admission et un moindre recours hospitalier dans l'année suivant la sortie d'hospitalisation. Reste que la situation sociale rend la sortie et le pronostic clinique difficile.

Les soins en soins de suite et de réadaptation (SSR) concernent principalement les patients polypathologiques de plus de 80 ans en situation de dépendance. Pour les patients plus jeunes, l'offre de soins en SSR est plus souvent monothématique, ce qui peut ne pas répondre aux besoins de certains patients. L'hôpital Bichat (Paris) a créé en 2008 un service de SSR (20 lits) dédié aux patients polypathologiques de moins 75 ans, positionné entre l'hospitalisation de courte durée et le retour à domicile. L’équipe du service vient de publier le fruit de son expérience à travers une analyse rétrospective du profil et du pronostic des patients reçus dans leur service entre mai 2017 et mai 2018.

Au cours des 12 mois, 61 patients (moyenne d’âge 61 ans, 55,7% d’hommes) ont été accueillis pendant une durée médiane de 108 jours. Tous avaient été précédemment hospitalisés dans un service de médecine du groupe auparavant (pendant 41 jours) et 91,8% avaient été orientés par le service d’urgence.

Les trois principaux motifs d’admission étaient la nécessité de soins de plaies complexes (47,5%), d’une renutrition (67,2%) ou d’une réadaptation physique (95,1%). Au total, les patients admis présentaient une médiane de 5 pathologies chroniques graves, le score de Charlson à l'admission étant de 6. Par ailleurs, les patients étaient majoritairement en situation de précarité (83,6% sans emploi, 36,1% sans couverture sociale optimale, 32,3% sans domicile fixe, 27,9% sans entourage familial).

À l’issue du séjour, la cicatrisation des plaies ou escarres était totale pour 75,8% des patients concernés, et l'IMC et albuminémie étaient supérieurs à ceux d'entrée chez 87,8% des patients concernés. L’amélioration d’au moins 1 point du score d’autonomie A.D.L à la sortie par rapport à l’admission concernait 75,9 % des patients concernés.

Le retour à domicile a été possible pour 57,3% des patients et jusqu’à 85,4% de ceux qui avaient initialement un domicile. Les autres ont été transférés en médecine pour dégradation aiguë ou placés en Ehpad ou en foyer.

À la sortie, les problèmes médicaux ayant motivé l'admission étaient résolus de manière complète chez 65,6% des patients. Les autres étaient plus souvent démunis socialement et avaient présenté des facteurs cliniques plus sévères que ceux de même motif d’hospitalisation ayant résolu leurs problèmes médicaux. Leur risque de décès à un an était plus élevé que les autres (42,8 vs 12,5%, p