Sportifs : quels sont les paramètres prédictifs du risque d’HTA ?

  • Caselli S & al.
  • Eur Heart J
  • 1 janv. 2019

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

Le suivi prospectif de jeunes athlètes normotendus montre que ceux qui présentent une pression artérielle diastolique (PAD) et/ou systolique (PAS) anormalement élevée lors de l’exercice présentent plus de risque de développer une HTA dans les 6 ans que des sujets appariés ne présentant pas une telle réponse lors du test d’effort. En effet, la valeur des PAD et PAS au repos, ainsi que l’existence d’une réponse anormalement élevée à l’exercice constituaient les principaux facteurs prédictifs de la survenue d’une HTA, avec un risque multiplié respectivement par 1,45, 1,50 et 3,59.

En quoi ces résultats sont-ils importants pour la clinique ?

  • Une réponse exagérée de la PA à l’exercice est connue pour être un facteur de risque d’HTA dans la population générale. Chez le sportif, il n’est pas établi si une telle réponse est le reflet d’une meilleure adaptation cardiaque du sportif lors de tests d’effort, permettant une meilleure performance, ou si le reflet d’une spécificité clinique.
  • Cette étude présente l’avantage d’avoir été menée auprès d’une cohorte de jeunes athlètes, profil ayant peu fait l’objet de telles investigations. Elle montre que si certains développent une HTA au cours du suivi, aucun remodelage cardiaque n’a été identifié hormis une augmentation minime du diamètre de la racine aortique, laissant suggérer que l’activité physique pourrait contrebalancer les effets attendus de l’HTA sur le cœur.
  • En conséquence, les auteurs suggèrent un programme de suivi régulier tous les 1 à 2 ans chez les sujets concernés, intégrant le dépistage de l’HTA et l’évaluation des facteurs de risque cardiovasculaire.

Méthodologie

L’analyse a été menée à partir du suivi prospectif d’une cohorte de 1.876 compétiteurs italiens normotendus au repos, parmi lesquels ont été regroupés 141 sujets ayant des valeurs anormalement élevées de PA à l’exercice (PAD>85/80 mmHg et/ou PAS>220/200 mmHg chez les hommes/femmes). Leurs données ont été comparées à celle de 141 athlètes issus de la même cohorte, présentant des valeurs normales à l’exercice et appariés sur l’âge, le sexe, la surface corporelle, le type de sport (endurance, puissance, adresse, mixte).

Résultats

  • La cohorte présentait un âge moyen de 26 ans et 66% étaient des hommes. Aucune différence n'a été observée en termes de tabagisme ou d'antécédents familiaux d’HTA. La PAD et la PAS au repos était supérieure dans le groupe ayant une PA élevée à l’effort (121 vs 116 mmHg p
  • Aucun évènement cardiaque n’a été recensé durant le suivi, mais 8,5% ont eu un diagnostic d’HTA, soit 13,5% dans le groupe à réponse anormale à l’exercice et 3,5% dans le groupe contrôle (p=0,003). Ces chiffres étaient de 8,3% contre 0 chez les femmes et de 16% vs 5% chez les hommes (p significatifs).
  • La charge maximale lors du test d’effort n’avait pas évolué durant le suivi et était la même pour les deux groupes. Une légère diminution des valeurs de PA maximale était néanmoins observée dans le groupe présentant une réponse anormale à l’effort, même après avoir exclu de l’analyse ceux qui étaient traités par antihypertenseurs (PASmax de 202 vs 208 mmHg à l’inclusion ; PAD max de 82 vs 83 mmHg, p significatifs). Seule une augmentation minime du diamètre de la racine aortique a été observée chez ces patients à l’issue du suivi.
  • La valeur à l’inclusion de la PAD et de la PAS au repos ainsi que la présence d’une PA anormalement élevée durant l’effort étaient les facteurs prédictifs les plus significatifs du risque d’HTA (respectivement 1,50 [1,02–2,22], 1,45 [1,13–1,85] et 3,6 [1,30-9,93]).