Spondyloarthrite, rhumatisme psoriasique et risque d’uvéite

  • Khoury G & al.
  • Arthritis Res Ther
  • 26 avr. 2020

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

Une étude a comparé en pratique clinique la survenue de l’uvéite antérieure chez les patients souffrant de spondyloarthrite (SpA) y compris de rhumatisme psoriasique (Rhum Pso) traités par étanercept ou par anticorps monoclonal (Acm). Les résultats montrent que le choix d’un anti-TNF ne modifie pas significativement le risque d’uvéite. Les auteurs indiquent que les antécédents d’uvéite serait le principal facteur de risque d’incidence d’uvéite. Ainsi, le choix de l’anti-TNF devrait également être réalisé en fonction des antécédents de symptômes extra-articulaires.

Pourquoi ces résultats sont intéressants ?

L’uvéite aiguë antérieure est la plus fréquente des manifestations extra-articulaires de la spondyloarthrite, et parfois celle qui amène au diagnostic. Ces résultats contrastent avec ceux de deux grandes études observationnelles1,2 qui montraient une incidence plus importante d’uvéite sous étanercept versusadalimumab ou infliximab après 1 ou 2 ans de traitement par anti- TNF. Ces études n’ont cependant pas utilisé d’ajustement par score de propension. Les résultats présentés ici sont en revanche cohérents avec ceux d’une autre étude utilisant le même type d’analyse quantitative3.

Méthodologie

Cette étude observationnelle rétrospective a inclus des sujets qui ont été traités entre 2000 et 2014. Le risque d’uvéite a été apprécié à la fois qualitativement (nombre de sujets avec au moins une uvéite) et quantitativement (nombre d’épisodes d’uvéites pour chaque individu). Les modèles mathématiques ont été ajustés sur le score de propension en fonction du traitement par étanercept ou anticorps monoclonal.

Principaux résultats

Au global, 429 patients ont été inclus (302 avec SpA et 127 avec Rhum Pso). Parmi eux, 226 avaient reçu de l’étanercept et 203 un anticorps monoclonal. Parmi tous ces sujets, 6,3% (n=73) avaient des antécédents d’uvéites avant l’initiation du traitement par anti-TNF.

Analyses quantitatives et qualitatives :

  • 43 épisodes d’uvéites ont été notifiés durant la première année de traitement par anti-TNF, 170 avec un traitement anti-TNF quelle que soit la ligne de traitement et 117 avec le premier anti-TNF utilisé. 
  • La probabilité de développer une uvéite a été calculée après ajustement sur le score de propension, à la fois en analyse qualitative et en analyse quantitative. Les résultats ont montré une augmentation du risque d’uvéite sous étanercept versus anticorps monoclonal, mais pas de manière significative. Ainsi, le risque d’uvéite n’était pas significativement différent entre les sujets traités par étanercept et par anticorps monoclonaux durant la première année de prescription de l’anti-TNF, qu’il soit ou non en première ligne de traitement.

Limites

Étude monocentrique et faible nombre d’évènements.

Financements

Étude financée par Pfizer.