Spondylarthrite axiale non radiographique : faut-il arrêter un traitement anti-TNF alpha en cas de rémission ?

  • Landewé R & al.
  • Lancet
  • 28 juin 2018

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

L’étude ABILITY-3 répond à une question fréquente en pratique clinique en comparant l’efficacité et la tolérance du maintien d’un traitement par adalimumab versus l’arrêt du traitement chez des patients souffrant de spondylarthrite axiale non radiographique et ayant atteint une rémission soutenue.

Les résultats de cette étude montrent que la survenue de poussées inflammatoires est moins fréquente chez les patients ayant maintenu leur traitement par adalimumab que chez ceux qui l’ont arrêté. 

Pourquoi est-ce important ?

Le maintien de la rémission en cas d’arrêt d’un traitement de spondylarthrite axiale non radiographique n’avait pas été évalué jusqu’à présent. ABILITY-3 a exploré ce point en cas d’arrêt de l’adalimumab. La difficulté qui persiste encore est de savoir quels profils de patients se maintiendraient plus facilement en rémission, car tous les patients qui reprennent un traitement par anti-TNF alpha après l'avoir stoppé, n'atteignent pas tous de nouveau la rémission. 

Méthodologie

ABILITY-3 est un essai multicentrique, international présentant 2 périodes bien spécifiques ayant inclus des adultes souffrant de spondylarthrite axiale non radiographique. Durant une première période de 28 semaines, tous les patients ont reçu de l’adalimumab. Ceux qui ont atteints une rémission soutenue, définie par un score ASDAS

À la semaine 28, l’ASDAS était calculé, et les sujets qui n’avaient pas atteint une rémission soutenue devaient arrêter l’étude.

Principaux résultats

La plupart des patients inclus était d’origine caucasienne (97%) et avaient un HLA-B27 positif (77%). L’âge moyen était de 37,3 ans et la durée moyenne des symptômes était de 7,7 ans. 

Au total, 45% des sujets traités en ouvert par adalimumab ont atteint une rémission soutenue et ont été randomisés dans un bras adalimumab (n=152) ou placebo (n=153). 

Le critère principal d’évaluation était la proportion de sujets qui n’avait pas de poussée inflammatoire (définie par un ASDAS ≥2,1) lors de 2 visites consécutives.

Une proportion plus importante de sujets ayant continué l’adalimumab n’ont pas eu de poussée de spondylarthrite (70% vs 47%, p

Des effets indésirables ont été notifiés chez 77% des patients ayant reçu de l’adalimumab (en continu ou non) et des évènements indésirables graves chez 4%.

Les événements indésirables les plus fréquents sous adalimumab et placebo étaient les rhinopharyngites (16% vs 13%), les infections respiratoires hautes (13% vs 8%) et l’aggravation de la spondylarthrite axiale (7% vs 14%).

Principale limitation

L’étude a évalué l’arrêt du traitement et non la réduction de dose qui est aujourd’hui la recommandation de la Ligue Européenne contre le Rhumatisme.

Financement

Étude financée par AbbVie.