Spécificités immunitaires de la réponse au SARS-CoV-2 liées au sexe


  • Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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L’épidémiologie de la maladie COVID-19 montre une prédominance des cas masculins. Des différences de réponse à liées au sexe sont bien décrites pour d’autres infections, avec par exemple une charge virale plus élevée chez les hommes infectés par le VHC ou le VIH, ou une réponse immunitaire plus forte aux vaccins chez les femmes. Afin d’explorer les spécificités de la réponse immunitaire selon le sexe des personnes infectées, une équipe américaine a conduit une étude spécifique auprès d’une centaine de patients hospitalisés au sein de l’hôpital universitaire de Yale (USA). Leurs résultats ont été publiées sur MedRxiv, et demandent maintenant à être validés par les pairs.

Les chercheurs ont analysé les données de deux cohortes : la première transversale rassemblait 39 patients venant d’être hospitalisés hors réanimation et qui ne devaient pas être traités par traitements spécifiques du COVID-19 (remdesivir, tocilizumab, corticoïdes, hydroxychloroquine). La seconde était longitudinale et rassemblait les patients de la première cohorte et 54 autres patients pouvant répondre aux critères d’exclusion précédents, sans pathologie tumorale, inflammatoire ou immunitaire chronique. Les données récoltées ont été comparées à celles de professionnels non infectés travaillant dans l’établissement.

Les analyses de la première cohorte qui ont été menées ont tout d’abord montré que les hommes présentaient plusieurs cytokines pro-inflammatoires dont le taux étaient plus élevés que chez les femmes : IL-8, l’IL-18 et CCL5 notamment. Sur le plan de la réponse cellulaire, les hommes présentaient une élévation des monocytes classiques (MO1) tandis que les femmes présentaient préférentiellement une augmentation des lymphocytes T notamment CD8+. Les auteurs ont par ailleurs observé un taux de lymphocytes T qui était d’autant plus faible chez les hommes qu’ils étaient âgés (ce n’était pas le cas chez les femmes).

Le suivi de la seconde cohorte montre deux paramètres associés à un risque de progression selon le sexe : une faible réponse lymphocytaire T chez les hommes, un taux élevé de cytokines innées chez les femmes. La chimiokine CXCL10 était aussi élevée chez les femmes dont le pronostic s’était aggravé au contraire des patients stabilisés, et sans que ce marqueur présente une telle évolution chez les hommes.

Ces disparités de réponse et d’évolution liées au sexe pourraient aussi constituer un élément important pour la prise en charge thérapeutique ou prophylactique de la maladie.


 

Exceptionnellement durant cette période de crise sanitaire, la publication mentionnée est au moment de la rédaction de cet article encore en prépublication, en cours de relecture par les pairs et susceptible d'être modifiée. Nous attirons votre attention pour apporter la plus grande prudence quant aux résultats apportés.