Sortir de l’hôpital pour Noël… est-ce une bonne idée ?

  • Lapointe-Shaw L & al.
  • BMJ
  • 10 déc. 2018

  • de Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

Les patients qui sortent d’hospitalisation durant la période des vacances de Noël, après une hospitalisation en urgence, ont moins de chance de bénéficier d’un suivi médical à 7 et 14 jours que les autres. Ces patients auraient également un risque plus élevé de décès ou de réadmission hospitalière à 7, 14 et 30 jours. Ainsi, loin de ses proches et du sapin, passer Noël à l’hôpital pourrait malgré tout présenter certains bénéfices.

Pourquoi cette étude a-t-elle été menée ?

Un suivi médical précoce post-hospitalisation est l’opportunité de transmettre des informations utiles au patient, de revoir le traitement, de discuter des résultats et de détecter une détérioration clinique. Ce suivi réduirait le risque de réadmission. Or, si les services d’urgences sont disponibles durant les congés de fin d’année, il n’en est pas toujours de même des soins ambulatoires. Par ailleurs, le patient peut de lui-même décider d’attendre le retour de son médecin habituel ou la fin de la période de fêtes pour consulter. 

Méthodologie

Cette étude est basée sur une analyse de données rétrospectives enregistrées par les hôpitaux de soins d’urgences en Ontario (Canada) entre 2002 et 2016. Les données d’enfants et d’adultes sortis d’hospitalisation après une admission aux urgences durant les deux semaines des vacances de Noël ont été comparées aux données d’enfants et d’adultes sortis d’hospitalisation en dehors de cette période. Le critère principal d’évaluation était le décès, la réadmission (définie comme une consultation aux urgences dans les 30 jours).   

Principaux résultats

Sur l’ensemble de la cohorte évaluée, 32,4% (n=217.305) individus sont sortis d’hospitalisation durant les congés de Noël et 67,6% (n=453.641) durant la période contrôle. À l'inclusion, les caractéristiques des individus et le recours aux soins étaient similaires pour ces deux périodes de sortie d’hospitalisation. Sur l’ensemble des patients, 13,9% étaient des enfants, 45,3% des adultes âgés de moins de 65 ans et 40,9% des adultes de 65 ans et plus.

Les sujets qui sortaient d’hospitalisation durant la période des congés de Noël avaient entre 35 et 39% de chances en moins de bénéficier d’un suivi médical dans les 7 à 14 jours. Les patients admis aux urgences pour cause grave n’échappaient pas à cette tendance, puisque ceux hospitalisés pour insuffisance cardiaque ou BPCO avaient respectivement 45% et 41% de chances en moins de bénéficier d’un suivi à 7 jours en ambulatoire par rapport aux patients de la période contrôle. 

Les patients qui sortaient d’hospitalisation durant les congés de Noël avaient également un risque de décès à 30 jours augmenté de 16% et un risque de réadmission à 30 jours augmenté de 14% par rapport aux patients qui sortaient durant la période de contrôle (OR respectif 1,16 [1,14-1,18] et 1,14 [1,12-1,15]).

Ainsi, sur 100.000 individus, 26 décès, 483 consultations aux urgences et 188 réadmissions hospitalières seraient directement attribuables aux sorties hospitalières durant les deux semaines de congés de Noël.

Principales limitations

Il s’agit d’une étude rétrospective menée uniquement au Canada.