Sondage à demeure ou intermittent en post-partum : la littérature ne permet pas de trancher

  • Li M & al.
  • Int Urogynecol J
  • 5 mars 2019

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

Une méta-analyse a poolé les données de huit études cliniques randomisées (850 patientes) afin de comparer l’incidence des infections urinaires post-partum et de la rétention urinaire chez des femmes ayant accouché sous anesthésie péridurale, selon que les urines avaient été évacuées par une sonde à demeure ou un sondage intermittent. La qualité des données et l’hétérogénéité des résultats n’ont pas permis de conclure à une différence entre les deux approches. Des études de meilleure qualité et rassemblant des effectifs plus larges permettraient de disposer de conclusions plus assurées sur le sujet.

Intérêt de l’étude

Les femmes ayant bénéficié d’une péridurale lors de l’accouchement sont exposées à un risque de rétention urinaire. Le sondage permet de limiter les risques liés à une distension vésicale, mais il n’existe pas de recommandations préconisant sa mise en oeuvre : sondage à demeure ou sondage intermittent à intervalles réguliers. Les risques d’infection urinaire et de rétention urinaire doivent être mis en regard afin de déterminer si l’une des procédures doit être privilégiée.

Méthodologie

La méta-analyse a rassemblé l’ensemble des études cliniques randomisées ayant comparé les deux approches et ayant été publiées jusqu’en octobre 2018. Au total, 8 études ont été identifiées, ayant chacune rassemblé entre 50 et 209 patients.

Principaux résultats

  • L’incidence de l’infection urinaire post-partum était identique dans le groupe sondage intermittent (SI) et le groupe sondage à demeure (SD) (197 vs 157/1.000) : risque relatif de 1,25 ([0,91-1,71], évidence faible). La distinction entre infections symptomatiques et bactériuries asymptomatiques conduisait à une conclusion identique (respectivement 1,16 [0,85-1,65] et 1,67 [0,84-3,30]).
  • De même, l’incidence de la rétention urinaire post-partum était associée à un risque relatif de 0,76 ([0,21-2,77], évidence faible) dans le groupe SI vs SD (20 vs 26/1.000), sans significativité statistique.

Principales limitations

Les larges intervalles de confiance et les effectifs relativement faibles ne permettent pas d’obtenir des données suffisamment solides pour conclure avec certitude.