Sommeil et bien-être : focus sur les enfants

  • Thumann BF & al.
  • J Sleep Res
  • 4 janv. 2019

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

Selon une étude européenne menée auprès des enfants de 3 à 15 ans, un bien-être psychosocial est associé à une durée plus longue de sommeil nocturne et des troubles du sommeil moins fréquents. Le suivi de la cohorte à 4 ans a aussi mis en évidence une corrélation entre l’amélioration du bien-être et l’amélioration de la qualité du sommeil. Ces associations ont été identifiées quel que soit le groupe d’âge (préscolaire, 6-11 ans et 12-15 ans).

Cette étude est l’une des rares à proposer une évaluation longitudinale de l’association entre sommeil et bien-être chez l’enfant. Ses auteurs n’excluent pas le fait que le lien de causalité entre les deux paramètres puisse être bidirectionnel.

Cette étude révèle enfin que la mesure du bien-être à un temps donné ne peut pas être un facteur prédictif solide de la qualité de sommeil ultérieure, après plusieurs années de suivi.

Méthodologie

Les analyses transversales ont été menées à partir des données de l’étude européenne IDEFICS qui avait regroupé des enfants en 2013-2014 et les analyses longitudinales sur ceux qui parmi eux avaient préalablement participé à la même étude en 2009-2010.

Le bien-être psychosocial était mesuré à partir d’un score fondé sur 16 paramètres du questionnaire de qualité de vie associée à la santé KINDL. Il portait sur le bien-être émotionnel, l’estime de soi, les relations familiales et sociales et était compris entre 0 et 48, le score augmentant avec la qualité de vie.

La durée de sommeil considérée moyennait celles estimée en semaine et au cours du week-end et était transformée en score Z (distance de la moyenne exprimée en écart-type).

Résultats

L’analyse transversale a regroupé 6.336 enfants d’âge moyen 10,9 ans (ET : 2,7 ans), observant une durée moyenne de sommeil nocturne de 9,21 heures (de 9,88 h chez les 3-5 ans à 8,74 h pour les 12-15 ans). Ils présentaient un score de bien-être moyen de 40. Pour chaque augmentation de 4 points du score de bien-être, il y avait une augmentation de 0,041 points [0,022; 0,060]) du score Z de la durée du sommeil nocturne. Cette association était plus forte pour les adolescents. L’inclusion des troubles du sommeil (difficultés à s’endormir, troubles du sommeil) rendait l’association non significative.

L’analyse longitudinale a regroupé 3.379 enfants d’âge moyen 11,5 ans (ET: 1,9 ans), observant une durée moyenne de sommeil nocturne de 9,14 heures. En prenant en compte la régression des caractéristiques du sommeil lors du suivi en fonction de l’évolution du bien-être durant le suivi, cette dernière apparaissait associée au score Z de la durée du sommeil nocturne (+0,052 [0,028-0,077] pour une augmentation annuelle de 1 point). En prenant en compte la régression des caractéristiques du sommeil lors du suivi en fonction du bien-être à l’inclusion, l’association n’était plus statistiquement significative.

Principales limitations

Les mesures de la qualité de sommeil et de bien-être étaient issues d’évaluation subjective de la part des enfants.

Financement

L’étude a reçu des fonds de la Commission Européenne.