Soja et compléments alimentaires à base de soja : pas les mêmes effets sur la santé !


  • Serge Cannasse
  • Actualités Médicales
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Six Français sur dix déclaraient consommer des produits au soja d’après une enquête de 2017, soit une hausse de 50% en trois ans. Les ingrédients qui en sont dérivés sont également de plus en plus présents dans les produits alimentaires. Du fait de leur concentration élevée en phyto-estrogènes (des isoflavones), soja et dérivés sont à l’origine d’une controverse sur leurs effets bénéfiques ou délétères sur le cancer du sein de la femme. Une équipe de chercheuses a publié une mise au point qui invite à bien différencier soja et compléments alimentaires à base de soja.

Soja et cancer du sein

En Asie, les traitements culinaires traditionnels diminuent la teneur des aliments en phyto-estrogènes, alors que dans les procédés industriels, cette teneur est augmentée. Il est possible que les apports en dérivés du soja aient augmenté dans les populations occidentales du fait que de très nombreux produits transformés en contiennent. Quant aux compléments alimentaires à base de soja, leur teneur en phyto-estrogènes varie de 1 à 40%.

Des études ont montré un risque plus faible de cancer du sein chez les femmes asiatiques ayant une alimentation traditionnelle, riche en soja. Mais ce bénéfice n’a pas été retrouvé par les grandes études de cohorte menées en Europe et en Amérique du nord.

Une étude de cohorte française a montré une association entre la consommation de compléments alimentaires à base de soja et une augmentation du risque de cancer du sein non hormono-dépendant. Elle suggère également un risque plus élevé de cancer du sein lié aux compléments alimentaires chez les femmes ayant une famille où il y a déjà eu ce cancer.

Chez les femmes traitées ou ayant été traitées pour un cancer du sein, les compléments alimentaires auraient des interactions délétères avec les traitements. Chez les femmes en rémission, il est possible que la consommation de soja augmente la survie. Pour les compléments alimentaires, en l’absence d’études, la précaution s’impose.

Préférer le soja aux compléments alimentaires à base de soja

En population générale, le soja est une source de protéines de très bonne qualité. Il est cependant déconseillé chez les femmes enceintes, les nourrissons et les jeunes enfants. Il doit de toute façon être consommé de façon modérée : ne pas dépasser 1 mg d’isoflavones par kilo de poids corporel e par jour. Les aliments dérivés du soja (tofu, desserts au soja, etc) en apportent entre 10 et 30 mg, mais il est très difficile d’estimer sa consommation réelle, car de nombreux produits en contiennent sans que cela soit mentionné sur l’étiquetage. D’où la proposition des chercheuses de mettre en place un étiquetage adéquat en mentionnant les populations à risque. Et de préférer les facteurs avérés de protection du cancer du sein plutôt que les allégations de certains fabricants de compléments alimentaires à base de soja.