SoFOG 2018 - Cancer du sein : les leçons de l’intelligence artificielle


  • Agnès Lara
  • Actualités des congrès en Oncologie
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À retenir

L’analyse de très nombreuses données issues d’une cohorte de femmes atteintes d’un cancer du sein par intelligence artificielle (IA) montre que, chez les femmes âgées, ces cancers sont plutôt de bon pronostic au niveau histologique et moléculaire, mais de formes plus avancées que chez les femmes plus jeunes. Les traitements chirurgicaux sont aussi plus lourds et les sous-traitements plus fréquents. 

 

Pourquoi est-ce important ?

Alors que le cancer du sein est fréquemment évoqué comme étant « de bon pronostic », il reste responsable de 12.000 morts chaque année, et 40% des femmes qui en meurent sont des femmes âgées (> 75 ans).

Les résultats de l'étude Senometry

Cette étude a analysé par IA une cohorte de patientes atteintes d’un cancer du sein en intégrant différents types de données : lettres de patients, de confrères, comptes rendus d’hospitalisation, de radiologie, d’IRM, d’anatomo-pathologie, etc. En 3 ans, un outil d’IA, capable de lire cette énorme masse de données non structurées, a pu être construit. Et de nombreux enseignements ont pu en être tirés. Tout d’abord les caractéristiques de ces cancers ont fait apparaître des choses connues : trois tranches d’âges (75 ans), en lien avec le dépistage systématique du cancer du sein entre 50 et 74 ans, et deux grands facteurs de risque, obésité et diabète de type 2. Il a aussi été constaté que les stades de cancer différaient suivant les âges. Après 75 ans, les formes « in situ » ne représentent plus que 5% des cancers diagnostiqués à cet âge, alors qu’ils concernent 10% des cas dans la tranche des 50-75 ans. Une partie de ces cancers débutants pourrait ne pas être pas repérée chez les sujets âgés. En revanche, les stades plus avancés, T2, T3 ou T4, sont plus nombreux. Ainsi, 7% des femmes âgées sont diagnostiquées avec une tumeur T4 et seules 35% d’entre elles ne présentent pas d’atteinte ganglionnaire au moment du diagnostic car elles viennent consulter tardivement. Pourtant, et de façon paradoxale, ces cancers sont plutôt de meilleurs pronostic au niveau histologique et moléculaire : de plus de bas grade, davantage de récepteurs hormonaux positifs, moins d’HER2+, des Ki67 plus bas. Du côté de la prise en charge, on observe des traitements chirurgicaux plus lourds par rapport aux femmes plus jeunes (mammectomie, curage axillaire) et moins de chimio- et de radiothérapie du fait d’un moins bon état général.